Genève: Rouler en auto: «Un casse-tête qui coûte trop cher»

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GenèveRouler en auto: «Un casse-tête qui coûte trop cher»

Une initiative cantonale pour réduire de moitié l’impôt sur les véhicules a été lancée lundi. Les prestations pour les voitures ayant été réduites en 2020, il est normal que les impôts le soient également, estiment les initiants.

lhu

«Circuler à Genève est devenu mission impossible. C’est sur la base de ce constat que nous avons décidé d’agir», a annoncé Céline Amaudruz, présidente de l’UDC Genève, lundi matin en conférence de presse. L’action en question: le lancement d’une initiative cantonale pour la réduction de moitié de l’impôt sur les véhicules. Le comité d’initiative a quatre mois pour récolter 5370 signatures, soit d’ici au 4 mai prochain.

Le texte, élaboré conjointement par l’UDC et le MCG, pointe notamment du doigt «les pistes cyclables, mises en place durant la crise du coronavirus, au printemps, qui s’apparentent plutôt à des pistes d’atterrissage». Ces aménagements, installés par l’État genevois pour promouvoir la mobilité douce pendant la première vague, provisoires au départ, ont finalement été en majorité pérennisés par le gouvernement. À ce nouveau dispositif en faveur des vélos s’ajoute «la réduction des places de parking sans compensation aucune pour les voitures», a indiqué Céline Amaudruz, selon qui rouler en auto est devenu «un casse-tête qui coûte trop cher». Le 27 septembre 2020, la population a dit «oui» à la suppression de quelque 4000 places de stationnement qui deviendront, à terme, des voies de bus et des pistes cyclables.

Un impôt à la prestation

Pour Luc Barthassat, ancien conseiller d’État chargé de la Mobilité et membre du comité d’initiative, le calcul est simple. «Les prestations pour les voitures étant réduites, l’impôt doit aussi l’être. Il s’agit d’une juste compensation des mesures d’empiétement de ces derniers mois», juge l’ex-PDC aujourd’hui MCG.

Par définition, les impôts sont une contribution solidaire à la collectivité. Un contribuable peut ainsi payer pour les crèches, sans pour autant avoir d’enfants, ou pour l’entretien des routes même s’il n’a pas de voiture. «Dans le cas présent, c’est différent, car l’impôt sur les véhicules s’ajoute à ce que l’on paie de base. Il ne concerne que les personnes possédant une voiture», explique Céline Amaudruz.

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Le comité d’initiative a réalisé une décoration pour le moins originale. Des voitures miniatures ont été installées en rang d’oignons pour représenter les bouchons genevois.

Le comité d’initiative a réalisé une décoration pour le moins originale. Des voitures miniatures ont été installées en rang d’oignons pour représenter les bouchons genevois.

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Pour Luc Barthassat, ancien conseiller d’État chargé de la Mobilité et membre du comité d’initiative, le calcul est simple: «Les prestations pour les voitures étant réduites, l’impôt doit aussi l’être.»

Pour Luc Barthassat, ancien conseiller d’État chargé de la Mobilité et membre du comité d’initiative, le calcul est simple: «Les prestations pour les voitures étant réduites, l’impôt doit aussi l’être.»

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Bien que le texte ne porte aucun logo de partis, le comité d’initiative est constitué de membres de l’UDC Genève et du MCG.

Bien que le texte ne porte aucun logo de partis, le comité d’initiative est constitué de membres de l’UDC Genève et du MCG.

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Michael Andersen, président du comité d’initiative, rappelle aussi que Genève perçoit l’un des impôts sur les autos parmi les plus élevés de Suisse. Dans ce contexte-là, un tel prélèvement «ne se justifie plus». L’initiative intitulée «GE ne roule plus!» vise donc, selon lui, à rétablir une égalité de traitement des usagers de la route.

Impôts genevois élevés

À Genève, les véhicules sont taxés d’après la puissance de leur moteur et leurs émissions de CO₂. Une étude comparative du TCS datant de 2018, citée par les initiants, montre que l’impôt genevois sur un break familial, comme la Skoda Octavia Combi 2.0 TDI Amb, s’élève à 549 fr. à Genève, contre 269 fr. dans le canton du Valais et 300 fr. dans celui d’Argovie. Un Genevois au volant d’une Fiat 500 doit quant à lui s’acquitter de 157 fr., là où un Vaudois paie 123 fr.

Une initiative pour relancer l’économie

«Cette initiative permettra de revitaliser le tissu économique genevois et d’augmenter le pouvoir d’achat des citoyens. C’est un bon moyen de relancer l’économie locale en cette période de Covid», considère Stéphane Florey, membre du comité d’initiative. En revanche, si le texte venait à passer, l’État devrait faire face à un manque à gagner de «50 à 60 millions de francs puisqu’il engrange actuellement entre 100 et 120 millions de francs d’impôts sur les véhicules», confie le député UDC.

La contre-attaque de l’UDC

L’UDC Genève avait déjà élaboré un projet de loi pour réduire de moitié l’impôt auto, demandant le 19 juin dernier qu’il soit discuté d’urgence lors de la prochaine session du Grand Conseil. Face au refus de ce dernier de traiter immédiatement cet objet, le parti avait décidé, le 26 juin, de porter le débat devant le peuple, accompagné d’un nouveau partenaire, le MCG, bien que «le texte ne porte aucun logo de parti», a précisé la présidente de l’UDC Genève, Céline Amaudruz.

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