Voile – Vendée Globe: Roura: «Avec les foils, il n'y a vraiment pas photo»
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Voile – Vendée GlobeRoura: «Avec les foils, il n'y a vraiment pas photo»

Grâce au soutien de La Fabrique et d'autres partenaires, Alan Roura disposera d'un voilier qui lui permettra de rivaliser avec les meilleurs en 2020-2021.

par
Oliver Dufour
Champagne

«Dès que j'ai passé le cap Horn, lors de ma course autour du monde, ça m'a fait un déclic. Il me fallait revenir pour réussir une performance. Sinon je ne repartirais pas», a insisté Alan Roura, mardi après-midi à Champagne, village vaudois de son principal sponsor, La Fabrique. Restait, au cours des semaines qui ont suivi son arrivée aux Sables d'Olonnes, en février dernier, à trouver les moyens de lancer un projet de plus grande envergure. Ça sera chose faite grâce au même partenaire, qui s'est engagé auprès du marin genevois durant les cinq prochaines années.

«Le premier objectif est d'être au départ du prochain Vendée Globe, ce qui est déjà un challenge», relève Cyril Cornu, responsable de La Fabrique. Mais on part quand même avec l'idée de faire un résultat, un top 5 ou 6, raison pour laquelle nous avons acheté un bateau plus récent – pas par défaut, c'était celui qu'Alan voulait vraiment – et que nous allons le décharger de la recherche d'autres partenaires, comme nous ne pouvons pas porter seuls ce projet, pour qu'il puisse se concentrer uniquement sur sa préparation. On ne peut pas vraiment parler de budget pour l'instant, mais on va lui garantir le nécessaire.» Selon le jeune patron, un million de francs par année constituerait le minimum vital pour un tel projet.

«J'avoue m'être trompé sur les foils»

Roura disposera ainsi d'un bateau de la génération 2007-2008, dont la vente a été actée lundi, sur lequel il ajoutera à terme des foils, ces ailettes rigides permettant aux voiliers de s'élever légèrement au-dessus de l'eau pour réduire la friction. «C'est vrai que j'étais assez sceptique par rapport aux foils avant le départ la dernière fois, mais je dois admettre que je me suis trompé. On a vu qu'il n'y avait vraiment pas photo, si l'on excepte PRB, le bateau de Vincent Riou, qui a vraiment su tirer sur son bateau pour être à la lutte avec les premiers (ndlr: avant d'abandonner à la suite d'une collision avec un OFNI).»

Skippé par le Breton Bertrand de Broc lors du dernier Vendée Globe, avant qu'un choc, là aussi avec un OFNI, n'endommage sa quille, l'ancien IMOCA baptisé MACSF avait été le premier bateau sur le Vendée Globe d'Armel Le Cléac'h, en 2008. Le vainqueur de la dernière édition avait alors terminé 2e. «C'est l'un des meilleurs bateaux de cette génération», s'enthousiasme Alan Roura. «Il a été parfaitement entretenu depuis et il n'y aura pas beaucoup de travaux à y effectuer d'ici la mise à l'eau cet été. Construire un bateau soi-même prend bien un an et demi et en acheter un de dernière génération aurait un prix exorbitant. Donc en modifier un de génération intermédiaire était le meilleur choix pour nous.»

Trois courses avant 2020

Avec sa petite équipe qui s'est agrandie de quelques membres, le navigateur de Versoix préparera l'horizon 2020 en s'inscrivant d'ici-là à trois courses d'importance: La Transat Jacques Vabre cet automne, la Route du Rhum en 2018 et à nouveau la Jacques Vabre en 2019. «Elles me serviront d'entraînement pour bien apprivoiser le bateau», précise Roura, qui ne connaît pas encore le nom de ses coéquipiers dans ces régates mais qui s'entourera de personnes connaissant bien son nouveau bateau, dont Bertrand de Broc, pour mieux apprivoiser sa nouvelle machine. Le choix et la pose des foils ne se feront que dans un deuxième temps.

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