Actualisé 24.06.2013 à 14:19

Brésil

Rousseff va rencontrer lundi les manifestants

Sous la pression des manifestations au Brésil, la présidente Dilma Rousseff va rencontrer lundi les chefs de file des manifestants puis les gouverneurs et maires des capitales régionales.

Elle doit en principe décider d'une série de mesures destinées à améliorer les services publics et lutter contre la corruption. La présidence brésilienne a confirmé une réunion à 13h30 locale (18h30 en Suisse) avec les dirigeants du Mouvement «Passe livre» (ticket gratuit, ndlr), à l'origine de la fronde qui secoue le pays depuis quinze jours. Elle doit ensuite s'entretenir dans la foulée avec les maires et gouverneurs.

Dans une allocution radiotélévisée à la nation vendredi soir, au lendemain des manifestations historiques qui ont rassemblé 1,2 million de personnes et ont souvent été émaillées de violences et d'actes de vandalisme, Mme Rousseff s'est dite «à l'écoute de la rue». Elle a promis un «grand pacte pour améliorer les services publics» ainsi qu'une lutte plus efficace contre la corruption. Elle a ajouté qu'elle serait «intransigeante» avec le vandalisme.

Gouverneurs et maires du plus grand parti d'opposition, le Parti de la sociale-démocratie (PSDB), ont répondu à l'appel mais, ils devaient, selon leurs dires, d'abord se réunir entre eux pour élaborer un programme commun avant de rencontrer la chef de l'État.

Nouveaux rassemblements

De nouvelles manifestations sont prévues ce lundi à Rio de Janeiro, où les manifestants se sont donné rendez-vous devant l'église de la Candelaria au centre-ville. Le mouvement «Passe livre» a également annoncé sur son site de «grandes actions» ces prochains jours dans la périphérie de São Paulo, la capitale économique du pays.

Sur les réseaux sociaux, les internautes de tout le pays discutent de la façon de mener le mouvement, et doivent décider si les manifestations seront spontanées ou organisées à des dates fixes. Dimanche, des manifestations pacifiques ont eu lieu dans une vingtaine de villes.

A Rio de Janeiro, 4000 personnes, selon la police, ont manifesté sur la célèbre plage de Copacabana pour dénoncer un projet de réforme constitutionnelle (PEC 37) prévoyant de retirer le pouvoir d'enquêter aux parquets, ce qui contribuerait, selon eux, à favoriser l'impunité des politiques corrompus. Un sondage diffusé dimanche soir à la chaîne de télévision TV Globo a montré que les transports et la politique sont les principales motivations de 46% des manifestants, des jeunes en majorité, qui n'étaient jamais descendus dans la rue auparavant.

Pour 57% des personnes interrogées, la police a agi de façon violente et 94% estiment que leurs revendications seront satisfaites par le gouvernement. (ats)

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