Royal charge le favori Sarkozy
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Royal charge le favori Sarkozy

PARIS - A quelques heures de la fin de la campagne officielle, Nicolas Sarkozy faisait figure de net favori dans la course à l'Elysée face à Ségolène Royal, qui a attaqué comme jamais son rival vendredi, tout en invitant ses électeurs à faire «mentir» les sondages.

Le net avantage arithmétique donné à Nicolas Sarkozy par les résultats du premier tour a été confirmé par tous les sondages, y compris par ceux réalisés après le débat de mercredi soir entre les deux finalistes. Les dernières études semblaient même accentuer l'écart entre les deux candidats, désormais estimé entre 6 à 9 points en faveur du président de l'UMP.

«Ah, les sondages! Pour moi, le seul qui vaille, c'est le vote des Français», a répondu la candidate socialiste dans un entretien au «Parisien/Aujourd'hui en France». A Lorient (Morbihan), elle a martelé qu'»il y a encore de l'espoir» et appelé «les électeurs à ne pas se laisser matraquer par les sondages comme depuis des mois». «Il y a encore 15% d'indécis de chaque côté, c'est-à-dire 30% des personnes encore qui s'interrogent», a souligné Ségolène Royal, qui a consacré son dernier déplacement de campagne en Bretagne à une série d'attaques sans précédent contre Nicolas Sarkozy.

«Ouvrez les yeux!», a-t-elle demandé aux Français, avant de dresser le portrait de Nicolas Sarkozy en «candidat du MEDEF et du CAC40», «candidat des grandes fortunes» et «des fonds de pension», «soutenu par Berlusconi, par Aznar et par Bush». Elle a aussi brandi le risque de nouvelles émeutes en banlieue: «le choix de Nicolas Sarkozy est un choix dangereux», a-t-elle asséné, «(je) lance une alerte par rapport aux risques de cette candidature et aux violences et aux brutalités qui se déclencheront dans le pays». Si Nicolas Sarkozy est élu, «la République sera en difficulté, la démocratie est en effet menacée», a-t-elle même asséné.

«Eh bien! Elle n'était pas de bonne humeur ce matin. Ça doit être les sondages», a ironisé Nicolas Sarkozy, interrogé sur Europe-1 à propos des premières déclarations de sa rivale. «Comme elle doit sentir que le sol se dérobe sous ses pieds, c'est un phénomène bien classique: elle se tend, elle se raidit, pour le coup elle montre sa vraie nature», a-t-il lâché, dénonçant des attaques «outrancières».

«Je suis bien désolé pour elle mais je n'ai pas l'intention de rentrer dans un combat de rue», a répondu le candidat UMP, qui a voulu apparaître serein. «C'est les Français qui décideront et eux seuls. Il faut attendre sereinement, attendre dimanche. D'ici là, rien n'est gagné, rien n'est acquis. Il faut être humble, patient et serein», a-t-il dit en Haute-Savoie, où il s'est rendu pour une courte visite sur le Plateau des Glières, un des hauts lieux de la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale.

Fait significatif, il a mis fin à sa campagne à la mi-journée, tandis que sa rivale prévoyait plusieurs réunions publiques dans la journée, la dernière à Brest en soirée.

A partir de samedi 0h, les médias -y compris sur Internet- seront tenus au silence et les candidats ne pourront plus tenir de réunion publique, afin de laisser les quelque 44,5 millions d'électeurs réfléchir sur leur vote.

Les premiers électeurs seront invités à glisser leur bulletin dans l'urne samedi, à Saint-Pierre-et-Miquelon à partir de 12h, heure de Paris (10h GMT), puis en Guyane, aux Antilles, sur le continent américain et en Polynésie française. Le nom du prochain président ne sera connu que dimanche après la fermeture des derniers bureaux de vote en métropole à 20h. (ap)

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