Actualisé 16.11.2006 à 19:02

Royal favorite, Fabius et Strauss-Kahn espèrent un 2è tour

Les militants socialistes français votaient jeudi pour désigner leur candidat à la présidentielle de 2007.

Les quelque 220 000 militants ont commencé à voter jeudi à 16h00 dans l'ensemble du pays. La plupart des 4000 bureaux, installés dans les locaux des sections socialistes, des mairies, voire dans des cafés dans les petites communes, doivent fermer à 22h00.

Les premières tendances sont attendues vers 23h30 et les résultats officiels dans la nuit ou vendredi matin.

DSK «sûr de gagner» au 2e tour

Les «pointages internes» au parti socialiste donnent Ségolène Royal, 53 ans, largement en tête pour être investie. Selon les sondages, Mme Royal serait surtout la seule à gauche à faire jeu égal, en cas de duel final à la présidentielle, avec le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, le candidat le mieux placé à droite.

Reste que Ségolène Royal n'était pas assurée d'obtenir une majorité de voix dès jeudi face à l'ex-premier ministre Laurent Fabius et l'ancien ministre de l'Economie Dominique Strauss-Kahn. En cas de ballottage, les militants retourneront aux urnes le 23 novembre pour départager les deux candidats arrivés en tête.

Les partisans de Dominique Strauss-Kahn estiment le score de Mme Royal dans une fourchette 45-55 %. «S'il y a un second tour je le gagnerai», a encore affirmé mercredi soir à ses fidèles M. Strauss-Kahn, crédité de 20 à 25 % d'intentions de vote, selon des pointages internes.

Quant à Laurent Fabius, crédité de 25 % d'intentions de vote, il se voit aussi au second tour face à Mme Royal.

Le choix des nouveaux adhérents

L'une des inconnues de ce scrutin réside dans le vote des 70 000 nouveaux adhérents qui ont afflué au parti ces derniers mois, soit près du tiers des inscrits. Ils pencheraient dans leur majorité pour Mme Royal.

Sur le papier, la présidente de la région Poitou-Charentes a le soutien de plus de la moitié des premiers secrétaires départementaux du PS, sans que l'on sache si cela se traduira par un vote massif de leurs administrés en sa faveur. «Je suis sereine», a déclaré jeudi matin Mme Royal.

Le chef du parti socialiste, François Hollande, également compagnon de Ségolène Royal avec laquelle il a quatre enfants, parie comme les autres sur un fort taux de participation «d'au moins 80 %».

Campagne tendue

Les trois prétendants ont achevé mercredi soir six semaines d'une intense campagne interne menée dans une ambiance de plus en plus tendue. Ils se sont affrontés lors de débats inédits en France qui rappellent les «primaires» américaines.

Ségolène Royal veut incarner une forme de renouveau grâce à l'avènement d'une «démocratie participative» et accorde une large place aux questions de société, à l'écologie, tout en adoptant des positions jugées proches de la droite par ses détracteurs sur des thèmes liés à la sécurité et à l'immigration.

De son côté, Dominique Strauss-Kahn s'est présenté en porte- drapeau d'une vision «réaliste» et résolument «social-démocrate». Laurent Fabius a lui défendu jusqu'au bout son ancrage à gauche.

Sarkozy pas seul

L'UMP, qui doit choisir son candidat lors d'un congrès le 14 janvier prochain, devrait plébisciter Nicolas Sarkozy. Mais le premier ministre Dominique de Villepin et la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie n'ont pas exclu de se présenter en dehors de leur parti.

Et le président Jacques Chirac lui-même refuse de lever le voile sur ses intentions, lui qui a réaffirmé jeudi qu'il fera connaître sa décision «dans le premier trimestre» de 2007. (ats)

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