Berne: RUAG empêchée de vendre des munitions à Hongkong
Publié

BerneRUAG empêchée de vendre des munitions à Hongkong

L’entreprise suisse d’armement s’apprêtait à signer un accord de vente avec la police de cette région sous tension. La Confédération est intervenue, face au risque que les agents les utilisent contre leurs propres concitoyens.

par
rmf
La répression de manifestants par la police a été régulièrement violente à Hongkong.

La répression de manifestants par la police a été régulièrement violente à Hongkong.

REUTERS

Alors que la région administrative spéciale de Hongkong traverse une période très incertaine, ponctuée de répression violente par la police, l’entreprise suisse d’armement RUAG s’est proposée pour moderniser l’équipement de cette même police hongkongaise, rapporte le «SonntagsBlick». L’accord portait sur l’exportation de cartouches de calibre 338, des munitions principalement utilisées dans les fusils de snipers militaires.

Mais la Confédération est intervenue pour stopper cet accord. En mai 2020, un groupe de contrôle composé de représentants de plusieurs départements a estimé que le risque était trop grand que les munitions soient utilisées contre des civils, et que la livraison aurait mis en danger la paix et la stabilité de la région. L’information a été confirmée par RUAG, propriété de la Confédération, ainsi que par le Secrétariat d’État à l’économie (SECO), qui taisent toutefois chacun l’ampleur de la vente prévue.

Cette politique de prudence n’a cependant pas toujours prévalu. Les liens entre la Suisse et les forces de police hongkongaises se sont renforcés au fil des années, avec la bénédiction de la Confédération, rapporte le «SonntagsBlick». Entre 2012 et 2018, le SECO a approuvé des livraisons de matériel pour une valeur d’environ 200’000 fr., sous forme de fusils, de munitions ou encore d’équipements de vision nocturne.

Année record pour l’exportation de matériel de guerre

Le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) demande depuis longtemps l’interdiction de fournir du matériel militaire et policier à Hongkong, insistant sur le fait que la situation d’une région peut évoluer rapidement, et estimant que l’exportation d’équipements répressifs est fondamentalement problématique.

Dans le même temps, même sans ce contrat, l’industrie suisse de l’armement a vécu en 2020 une année record: jamais auparavant les entreprises suisses n’avaient exporté autant de matériel de guerre. Le montant total des ventes s’élève à 901 millions de fr., soit 24% de plus qu’en 2019. Les destinataires principaux sont le Danemark, l’Allemagne et l’Indonésie. Mais on trouve également dans la liste des acheteurs des États tels que les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Koweït et l’Arabie saoudite, tous impliqués dans la guerre au Yémen, relève le «SonntagsBlick».

Ton opinion