Actualisé 08.09.2015 à 20:07

Suisse

Rude bataille pour le trône romand de la petite reine

Deux systèmes se disputent la suprématie du vélo en libre service de ce côté-ci de la Sarine. Des élus veulent y voir plus clair.

de
Francesco Brienza

La tendance paraît irréversible. A mesure que le réseau romand de l'ogre PubliBike s'effrite, celui du discret Velospot s'étoffe. Exemple parlant sur la Riviera à la fin d'août: cinq stations ont été converties entre Vevey et La Tour-de-Peilz, relevait «24 heures». Quelques semaines auparavant, Delémont avait gommé de son catalogue la prestation de la filiale de CarPostal, tandis que Fribourg et Sion déplorent un flop. A l'inverse, Genève a opté pour la société biennoise dès la fin de l'année, et le Chablais va suivre en 2018. «Nous avons décidé de tirer profit de nos points forts, indique Velospot. L'objectif est maintenant de nous développer au niveau national, voire international.» Par rapport à son concurrent, le système biennois est plus simple et donc moins cher à installer, ce qui permet de créer un réseau dense dans une localité. La clé du succès, selon la firme.

En face, PubliBike peut se targuer d'une couverture territoriale sans faille. Au niveau national, ses chiffres sont d'ailleurs en hausse. Autre argument: l'inter-mobilité avec les trains et les bus possible avec le Swisspass CFF. «Nous sommes ravis de pouvoir proposer cette offre», note le service de presse. La société mise également sur le prêt de vélos électriques. Résultat: ses coûts de mise en service sont plus élevés. Pas moins de 140 000 fr. à la charge des communes. En comparaison, Boudry (NE) s'était offert deux emplacements Velospot pour 75 000 fr. en 2014.

Concept assez neuf

Les premières stations de vélos en libre-service de Suisse ont été installées en 2009 dans le canton de Vaud. La start-up qui en était à l'origine, velopass, a été racheté par PubliBike en 2013. En 2012, Bienne a lancé son propre réseau, Velospot. Les deux sociétés ont opté pour un système de paiement par abonnement contracté au préalable. Son prix: quelques dizaines de francs par année dans les deux cas. A Genève, Neuchâtel et en Valais, l'association Suisseroule loue des deux-roues gratuitement l'été contre une caution.

Le Canton pourrait jouer le coordinateur

L'offre de vélos en libre-service est du ressort des communes. D'où une certaine dispersion des efforts quand il s'agit de négocier avec les partenaires. Pour y remédier, les Verts ont déposé hier au Grand conseil vaudois un postulat qui demande au Canton de jouer un rôle de coordinateur. «Si l'Etat avait une attitude pro-active, il pourrait mieux étudier les solutions qui permettraient d'améliorer et développer le réseau vaudois», a argumenté la députée Sylvie Podio. Son texte sera étudié en commission.

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