Coronavirus - Ruée sur les vitamines et les compléments alimentaires
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CoronavirusRuée sur les vitamines et les compléments alimentaires

Afin de se protéger du coronavirus, un nombre grandissant de personnes se tournent vers des produits censés renforcer le système immunitaire, la mémoire ou encore les os. Une experte met en garde.

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Barbara Scherer/ofu
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Pilules, poudres et jus: les drogueries et pharmacies regorgent de produits à base de vitamines et d’oligo-éléments. Ces préparations ont rarement eu autant la cote qu’actuellement. «De plus en plus de personnes se tournent vers les compléments alimentaires par peur du coronavirus et afin de se protéger», affirme vendredi la faîtière Swiss association of nutrition industries. L’engouement a pris une telle ampleur que l’association s’est sentie obligée de rappeler sur son site que les compléments alimentaires ne protégeaient pas du Covid-19.

Pour les fabricants de ces produits, la nouvelle tendance est une aubaine. L’entreprise Swiss Nutrition Solutions by Nahrin confirme: «Le coronavirus a accéléré la demande en matière de compléments alimentaires.» Même son de cloche auprès de la firme Gelpell. Celle-ci note néanmoins que la demande augmente continuellement depuis cinq années déjà.

Un coup d’oeil sur les chiffres montre: le marché des compléments alimentaires est juteux. Il génère chaque année en Europe près de 18 milliards d’euros. Dans le rapport médical de l’assurance Helsana 2020, les vitamines apparaissent dans le top 15 des médicaments les plus consommés en Suisse. En 2019, 1,13 million de personnes ont ingéré des vitamines pour 32 millions de francs. La plupart, soit 1,04 million de personnes, ont dépensé près de 25 millions de francs pour de la vitamine D.

Christine Brombach, experte en matière d’alimentation, n’est pas étonnée que les compléments alimentaires cartonnent durant la crise. «Les gens sont inquiets et essaient de renforcer leur santé par le biais de leur alimentation.»

Des risques pour la santé

Les compléments alimentaires sont censés booster notre système immunitaire et rendre nos organes plus performants, laissent entendre les fabricants. Or Eva van Beek, porte-parole de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires, contredit: «Une personne adulte, en bonne santé et qui se nourrit de manière équilibrée, ne nécessite pas de compléments alimentaires.» Lorsqu’une personne sans carences consomme plusieurs produits et/ou des produits fortement dosés, il existe un risque de surapprovisionnement, met-elle en garde tout en soulignant que cela peut nuire à la santé.

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