Rugby: France-Angleterre s'annonce chaud

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Rugby: France-Angleterre s'annonce chaud

Deux équipes meurtries puis ressuscitées, dotées de deux gros packs appelés à un affrontement titanesque: la demi-finale France-Angleterre de la Coupe du monde de rugby promet un affrontement physique et tactique.

«A ce stade de la compétition, trois éléments sont importants: la conquête, le jeu au pied et la défense», a insisté jeudi Pieter de Villiers, l'un des piliers du XV de France. «La bataille va commencer en mêlée. Les avants anglais ont étouffé les Australiens, ont poussé George Gregan (le demi de mêlée) à la faute. Résultat, les Wallabies n'ont pas eu de ballons».

En battant 12-10 en quart de finale l'Australie double championne du monde et favorite de ce duel, le XV à la Rose tenant du titre a retrouvé des couleurs éclatantes, après le cuisant camouflet reçu 36-0 de la part des Sud-Africains en match de poule.

La France reste sur l'exploit de l'éviction des All Blacks (20-18), alors qu'elle aussi avait été mise KO debout par sa défaite initiale face à l'Argentine.

De Villiers entend donc avec lucidité ne pas se projeter vers une finale où il pourrait retrouver l'Afrique du Sud et ses ex-compatriotes qui seront opposés aux Pumas sud-américains dans l'autre demi-finale.

«Ce va être du 50/50», dit-il. «Les Anglais ne lâchent jamais rien en développant un jeu assez classique. Il ne font pas beaucoup d'erreurs dans les ballons au large, mais ils ne prendront pas de risque: ils joueront avec une défense avancée. A nous de trouver nos solutions. Mais battre les Blacks a amené beaucoup de confiance dans le groupe».

La défense française avait été héroïque face aux Néo-Zélandais et Lionel Beauxis avait su orienter le jeu par ses coups de pied à l'ouverture, mais la conquête avait été rendue délicate par la capacité plus grande des All Blacks à prendre les ballons en touche.

«Si on n'arrive pas à les contrer en haut, il faudra essayer de leur pourrir le ballon en bas, de casser les soutiens», souligne Julien Bonnaire, qui sera lui aussi en première ligne dans cette bataille d'avants.

«Grâce à notre grosse préparation physique, on a moins subi lors de cette Coupe du monde, on a imposé nos plaquages», ajoute le troisième ligne centre des Bleus. «Les Anglais, s'ils peuvent faire mal, ils font mal, en restant dans les règles. Mais nous, si on peut en prendre un dans les côtes, on le prendra. Il faut se faire respecter».

Reste que le danger viendra de Jonny Wilkinson, dont les coups de pied font aussi mal dans l'orientation du jeu qu'au tableau d'affichage.

«Quand leur pack n'avance pas, les Anglais comptent sur Wilkinson pour l'occupation du terrain. On va essayer d'enrayer tout ça».

En 2003 en Australie, les coups de pied de Wilkinson avaient fait la différence, sous la pluie, en demi-finale face aux hommes de Bernard Laporte. Le jeu au pied de Frédéric Michalak étant alors inconsistant, les Bleus avaient perdu à trop vouloir jouer à la main, en commettant beaucoup de fautes.

Depuis, l'Angleterre est passée de la grandeur à la décadence. En 2004, les champions du monde qui étrennaient leur titre dans le Tournoi des Six nations, ont été battus par des Bleus auteurs d'un Grand Chelem. En 2005 et 2006, ils ont à nouveau cédé avant enfin de gagner 26-18 cette année à Twickenham, face à neuf des titulaires qui seront alignés samedi. Mais en août, en match de préparation, la France a de nouveau battu deux fois les Anglais.

«Si on arrive à contrarier leur jeu d'avants, on aura fait une bonne partie du chemin», souligne le deuxième ligne Fabien Pelous. «Ils ont cherché leur jeu pendant quatre ans, mais ont retrouvé un jeu efficace. Ce n'est plus la même équipe que lors des matches de préparation. Ce ne sera pas un match facile».

Reconduit à l'arrière, Damien Traille loue la cohésion retrouvée du XV de France. «On a eu la tête en bas pendant un mois, mais le quart de finale a rattrapé l'erreur face à l'Argentine», dit-il. «La confiance est là. Si on gagne, on sera à 80 minutes du titre de champion du monde». (ap)

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