Rugby: la France espère créer la surprise
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Rugby: la France espère créer la surprise

Les choses vraiment sérieuses débutent ce week-end dans la Coupe du monde avec des quarts de finale prometteurs.

Les deux affiches de samedi retiennent particulièrement l'attention, Australie - Angleterre (15h) et Nouvelle-Zélande - France (21h).

Les deux autres duels, programmés dimanche, s'annoncent moins alléchants. L'Afrique du Sud partira largement favorite face aux surprenants Fidjiens (15h). L'Argentine semble quant à elle en mesure de poursuivre sa route face à des Ecossais peu convaincants dans la phase préliminaire (21h). Si la pure logique sportive était respectée, les demi-finalistes pourraient être, pour la première fois de l'histoire, quatre équipes de l'hémisphère sud.

Le spectre de Lyon

Le quart de finale le plus attendu opposera les favoris «All Blacks» aux Français, qui n'évolueront pas à domicile (Cardiff). Les Néo-Zélandais partiront avec les faveurs du pronostic mais devront se méfier du XV de Bernard Laporte, qui monte en puissance depuis l'humiliante défaite subie face à l'Argentine en ouverture. Vainqueurs aisés d'une poule dans laquelle ils avaient même écrasé l'Ecosse, les champions du monde 1987 pourraient par ailleurs connaître le revers de la médaille. Certains estiment que le fait de ne pas avoir eu à disputer de match âpre pourrait leur nuire.

N'empêche que les Néo-Zélandais possèdent sur le papier l'équipe la plus solide. L'entraîneur Graham Henry, qui pourra compter sur son ouvreur titulaire Daniel Carter longtemps incertain, peut même se permettre de laisser dans les tribunes le détenteur du record d'essais chez les «All Blacks» Doug Howlett (49). Les dernières confrontations entre les deux équipes confirment un peu plus le rôle de favori endossé par la Nouvelle-Zélande. La France avait notamment essuyé une véritable marée noire le 11 novembre dernier à Lyon, s'inclinant 3-47. Et seuls trois des quinze titulaires de samedi ne figuraient pas dans le XV de départ à Gerland.

La revanche de 2003

L'autre quart de finale prévu samedi, à Marseille, constituera la revanche de la finale 2003 remportée par l'Angleterre en prolongation grâce à un drop de Jonny Wilkinson. Le XV de la Rose peut certes toujours compter sur les coups de pied de génie de son demi d'ouverture, mais il a régressé depuis son sacre tandis que l'Australie apparaît mûre pour un troisième sacre après ceux de 1991 et 1999. Les Wallabies ont remporté quatre des cinq duels qui ont suivi et les Anglais risquent de s'apercevoir que, pendant qu'ils digéraient leur sacre dans la douleur, le rugby continuait de progresser dans l'hémisphère sud.

La mêlée fermée semble encore le seul secteur où ils paraissent inférieurs aux Anglais. Ces derniers comptent en abuser, tout comme de longues chandelles pour ramener les Australiens le plus loin possible de leurs 22 mètres. Mais pour battre l'Australie, qui peut notamment compter sur la puissance de l'ailier Lote Tuqiri, le XV de la Rose devra montrer autre chose qu'en poule où il a été effrayant de médiocrité contre les Américains, pitoyable face aux Sud-Africains (défaite 0-36) et à peine rassurant lors des matches- couperets contre les Samoans et les Tonguiens.

La voie royale pour les Boks

L'Afrique du Sud, en configuration rouleau compresseur, semble sur une voie royale en direction de la finale. Les «Springboks», qui se mesureraient à l'Argentine ou à l'Ecosse en demi-finale, partent largement favoris en quart face aux Fidjiens à Marseille. L'opposition sera peut-être caricaturale entre des Boks qui vont appuyer là où ça fait mal pour les Fidjiens, c'est-à-dire devant, dans le travail de sape en mêlée, en touche, dans les mauls et les rucks. Les Fidji doivent en outre faire sans leur ouvreur Nicky Little, qui apportait une touche de rigueur et un jeu au pied performant dans ce monde de création et d'inspiration.

Considérées comme des nations mineures dans la course au titre, Argentine et Ecosse s'affronteront dimanche soir au Stade de France dans une bataille de tranchées tactique et âpre. Quel que soit l'issue du match, il y aura exploit. L'Argentine n'atteint les quarts de finale que pour la deuxième fois et demeure un des grands parias du rugby mondial. Un dédain que l'actuelle génération de copains et de surdoués, qui compose les Pumas, entend bien punir sur le pré. L'Ecosse, après un médiocre Tournoi des six nations (dernière avec une victoire), est de son côté l'éternel quart de finaliste qu'aucune grande nation ne craint réellement. (si)

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