Croissance: Russie et Egypte moins prolifiques que prévu
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CroissanceRussie et Egypte moins prolifiques que prévu

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) revoit drastiquement à la baisse ses prévisions de croissance cette année pour les pays dans lesquels elle intervient.

L'économie égyptienne a du mal à reprendre après la révolution.

L'économie égyptienne a du mal à reprendre après la révolution.

L'institution se montre plus pessimiste envers la Russie et les jeunes démocraties arabes comme l'Égypte particulièrement. Dans l'ensemble des pays d'Europe de l'Est, d'Asie centrale et du sud de la Méditerranée dont elle s'occupe, la Berd prévoit désormais une croissance économique de 2,2% cette année, bien moins que les 3,1% prévus en janvier.

«Les raisons du ralentissement de la croissance diffèrent selon les pays mais cela doit servir d'avertissement à ces régions pour qu'elles redonnent de l'élan aux réformes structurelles», a déclaré Erik Berglof, l'économiste en chef de l'institution, dont l'assemblée générale se tient vendredi et samedi à Istanbul en Turquie.

«La responsabilité budgétaire est bien sûr importante. Mais la plupart de nos pays ont déjà fait des progrès significatifs dans ce domaine pendant la crise. Ce qui presse aujourd'hui est l'avancement des réformes structurelles», a-t-il insisté.

L'impact de la crise dans la zone euro est certes moindre actuellement, mais des économies comme la Russie, la Pologne ou la Turquie ont connu un ralentissement qui se fait ressentir au-delà de leurs frontières.

Révision pour la Russie

La Berd a ainsi revu à 1,8% les perspectives de croissance du produit intérieur brut (PIB) russe cette année, en chute par rapport aux 3,5% encore attendus en janvier. Le pays a particulièrement souffert d'une stagnation des prix des matières premières en raison d'une demande mondiale plus faible.

La Berd a été fondée en 1991 pour favoriser le passage des pays de l'ex-bloc soviétique à l'économie de marché et intervenait ainsi à l'origine dans les pays d'Europe de l'Est et d'Asie centrale, avant d'étendre récemment ses interventions au sud de la Méditerranée.

Les quatre pays de cette région où la Berd a commencé à investir l'an dernier - Egypte, Jordanie, Maroc et Tunisie - ont également vu leurs perspectives économiques abaissées dans l'ensemble, en raison de l'instabilité politique et des problèmes de sécurité qui affectent certains d'entre eux.

Le PIB de l'Égypte devrait ainsi croître de seulement 2% cette année, contre 3,8% attendu en janvier, alors que le tourisme et les investisseurs restent dissuadés par la situation toujours instable dans le pays dans le sillage du «Printemps arabe».

Depuis plusieurs mois, le pays est engagé avec le Fonds monétaire international (FMI) dans de difficiles discussions autour d'un prêt important assorti d'un programme de réformes économiques. (ats)

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