Actualisé 03.03.2008 à 18:00

Russie: manifestations à Moscou et Saint-Pétersbourg

Plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées lundi à Moscou en marge d'une manifestation d'opposants à Dimitri Medvedev, déclaré vainqueur de l'élection présidentielle de dimanche avec plus de 70% des voix.

Les observateurs européens ont jugé que l'issue du scrutin reflétait la volonté du peuple, tout en soulignant qu'il avait «les allures d'un plébiscite».

Plusieurs centaines de policiers, dont certains équippés de matériel anti-émeute, ont encerclé un parc du centre de la capitale où plusieurs groupes de personnes s'étaient rassemblés pour cette manifestation à laquelle avait appelé l'opposition libérale emmenée par l'ancien champion du monde d'échecs Garry Kasparov.

Des dizaines de personnes, pour la plupart de jeunes hommes, ont été arrêtées et embarqué de force dans les camions de police stationnés à proximité.

Kasparov et d'autres figures de proue de l'opposition libérale se trouvaient, eux, à Saint-Pétersbourg, où une manifestation avait été autorisée. Environ 3.000 personnes ont participé au rassemblement, selon la police.

«La désignation de Medvedev est illégitime», a déclaré Garry Kasparov. «Le 3 mars est le jour où nous entamons notre combat contre un pouvoir illégitime».

Le chef de la mission d'observateurs de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), Andreas Gross, a décrit lundi matin le scrutin de dimanche comme «le reflet de la volonté de l'électorat dont le potentiel démocratique n'a malheureusement pas été alimenté». L'élection «n'est toujours pas libre et toujours pas équitable», a-t-il constaté.

Plus tôt, le président de la Commission électorale russe, Vladimir Tchourov, avait annoncé les résultats quasi-définitifs de l'élection de dimanche. Après le comptage des bulletins de 94,5% des circonscriptions, Dimitri Medvedev, adoubé par Vladimir Poutine, obtenait plus de 70% des voix, soit un score très proche de celui de l'actuel chef du Kremlin en 2004. Le demi-pourcentage restant concernait essentiellement les votes des Russes de l'étranger et de l'extrême-orient russe. Ils seront comptabilisés dans les jours qui viennent.

Des résultats qui, selon Andreas Gross, donnent à l'élection «les allures d'un plébiscite» et témoignent de la difficulté pour les rivaux de Medvedev de faire campagne, et notamment de leur absence quasi-totale des médias. Les trois autres candidats en lice n'ont en effet pu s'adresser à la population que lors des débats télévisés auxquels Medvedev, archi-présent le reste du temps à l'antenne, n'a pas souhaité participer, citant des raisons d'emploi du temps.

Mais, même si l'accès aux médias a été inéquitable, «il serait trop simple de dire que le résultat a été truqué», a précisé Andreas Gross lors d'une conférence de presse. «Nous continuons de penser que le résultat reflète la volonté de la majorité.»

La délégation de l'APCE a toutefois jugé que le scrutin de dimanche avait été caractérisé par les mêmes défauts que les élections législatives de décembre. Elle a déploré le fait que la commission électorale n'ait pas réglé ces problèmes.

Le président de la Commission électorale russe a estimé en retour que les remarques des observateurs européens n'étaient que des allégations qui devaient être prouvées par les faits.

«Nous aurions pris en compte les commentaires et les suggestions de la délégation de l'APCE à propos de l'élection de décembre s'ils avaient été confirmés par des faits et des preuves, et avaient été raisonnables», a déclaré Vladimir Tchourov lors d'une conférence de presse, selon des propos rapportés par l'agence Interfax.

De son côté, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) avait refusé d'envoyer ses observateurs en Russie pour l'élection de dimanche, jugeant que les restrictions imposées par les autorités russes ne leur permettaient pas de travailler de manière efficace.

Les trois rivaux de Medvedev dimanche avaient été autorisés à concourir en raison de leur loyauté à la ligne du Kremlin, mais deux d'entre eux -le chef du Parti communiste Guennadi Ziouganov, qui a obtenu 18% des voix, et l'ultranationaliste Vladimir Jirinovski, crédité de 9% des suffrages- ont indiqué qu'ils entendaient contester les résultats. (ap)

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