Yémen: Ryad patient malgré les infractions à la trêve

Actualisé

YémenRyad patient malgré les infractions à la trêve

L'Arabie saoudite, chef de file d'une coalition arabe contre les rebelles chiites au Yémen, «fait preuve de retenue» face aux violations de la trêve de cinq jours, selon le ministre saoudien des Affaires étrangères

Le cessez-le-feu est destiné à permettre l'acheminement de l'aide humanitaire. «Nous avons dit que nous allions respecter un cessez-le-feu humanitaire de cinq jours, à la condition que les Houthis respectent ce cessez-le-feu. Malheureusement, ce n'est pas le cas», a déclaré le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir. Il a évoqué «plus d'une dizaine d'incursions», des tirs de roquette dans deux villes frontalières saoudiennes et des «accrochages» au Yémen.

Il s'exprimait en marge d'un sommet à Camp David, au nord de Washington, réunissant les Etats-Unis et les six pays du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar).

«Nous nous sommes abstenus de tirer, nous faisons preuve de retenue», a poursuivi le ministre. «Nous espérons que les Houthis respecteront les termes de ce cessez-le-feu et mettront fin à leur comportement agressif s'ils veulent que persiste la trêve» entrée en vigueur mardi soir, a-t-il ajouté.

«Les cinq jours ne sont pas écoulés et nous n'avons pas vu beaucoup de respect (de la trêve), mais nous continuerons à évaluer la situation, nous continuerons à surveiller de très près et nous prendrons les décisions sur la conduite à tenir», a prévenu le ministre.

Compréhension américaine

Une coalition arabe menée par l'Arabie saoudite a lancé le 26 mars une campagne aérienne pour tenter d'empêcher les rebelles chiites Houthis de prendre le contrôle total du Yémen.

Ben Rhodes, proche conseiller du président américain Barack Obama, a insisté de son côté sur le fait que la «préférence» des Etats-Unis était que «la pause humanitaire et le cessez-le-feu perdurent pour que les discussions politiques progressent» au Yémen.

Mais si ce n'est pas le cas, «nous comprenons à coup sûr le besoin de l'Arabie saoudite de défendre ses frontières et de travailler de nouveau avec la coalition en faveur de la stabilité au Yémen», a-t-il ajouté. Il s'exprimait depuis la résidence présidentielle de Camp David, à une centaine de kilomètres au nord de Washington. (ats)

Ton opinion