Biathlon: S. Gasparin «veut servir d'exemple en Suisse»
Actualisé

BiathlonS. Gasparin «veut servir d'exemple en Suisse»

Quelques jours après avoir raflé la médaille d'argent sur 15 km, Selina Gasparin s'attaque lundi au «mass start». L'occasion de faire le point avec son coach, Markus Segessenmann.

Aussitôt son 15 km achevé, Selina Gasparin a reçu un nombre incalculable de félicitations dans l'aire d'arrivée. Comment expliquez-vous cette agitation autour d'elle ?

Selina parle cinq langues (réd: l'allemand, l'italien, le romanche, l'anglais et le norvégien) et cela lui a permis de nouer de nombreuses et solides relations sur le circuit. Elle est très appréciée dans le milieu. Cela avait été déjà flagrant en décembre, quand beaucoup de monde s'était réjoui de sa première victoire en Coupe du monde.

Selina Gasparin est considérée comme la pionnière du biathlon en Suisse. Pouvez-vous nous dire pourquoi ?

Il y avait d'autres biathlètes avant elle en Suisse, et notamment sa soeur Elisa. Mais Selina est une pionnière dans le sens qu'elle est la première Suissesse à percer au plus haut niveau.

Peut-elle avoir une influence sur l'évolution du biathlon en Suisse ?

Au-delà de ses deux victoires en Coupe du monde et de cette médaille d'argent, ce qui m'impressionne le plus chez elle, c'est sa volonté de faire progresser son sport dans son pays. Elle veut servir d'exemple. Selon moi, elle peut y parvenir et créer une émulation en Suisse.

Cette médaille constitue un nouveau palier dans l'histoire du biathlon helvétique. Quelles ont été les autres étapes pour en arriver là ?

Je citerai la plus importante. Elle remonte à 2004, quand nous sommes entrés dans le giron de Swiss-Ski. Sans cette mesure, nous n'aurions jamais pu accomplir ce qui s'est passé par la suite.

Selina Gasparin affirme qu'elle se sent très bien sur le pas de tir, ici sur le site olympique du «Laura Center». Comment expliquez-vous cela ?

Pour être efficace au tir, il faut que plusieurs éléments complexes soient réunis. Par exemple, la façon dont le parcours est dessiné influence la manière d'arriver sur le pas de tir, qui elle-même influence les pulsations au moment de viser la cible. Je confirme que Selina se sent bien actuellement au tir. Mais cela n'est pas une surprise pour moi. Elle ne fait que confirmer en course ce qu'elle montre régulièrement à l'entraînement.

Et en ski de fond, fait-elle toujours partie des grandes spécialistes ?

Sur 10 km, Selina est incontestablement la meilleure fondeuse suisse. Même s'il est vrai que la concurrence n'est pas trop relevée. Sur 30 km en revanche, elle devrait toutefois avoir de la peine à rivaliser avec une Seraina Boner (réd: qui disputera d'ailleurs le 30 km à Sotchi).

Que faut-il attendre de Selina Gasparin lundi lors du «mass start» ?

Cette épreuve ne peut pas être comparée aux précédentes courses des Jeux. Toutes les biathlètes partent en même temps, et Selina a parfois tendance à se sentir sous pression, étant donné que les autres sont généralement plus rapides qu'elle sur les pas de tir. Nous avons beaucoup travaillé cette problématique, mais c'est un processus qui va prendre du temps. Sa grande chance toutefois pour lundi, c'est qu'elle n'aura strictement rien à perdre. (ats)

Ton opinion