Actualisé 20.03.2020 à 06:06

Salles de cinéma«S'il n'en reste qu'un, ce sera le Royal!»

Coronavirus oblige, les salles de cinéma sont fermées jusqu'à nouvel avis. Mais leurs exploitants n'ont pas disparu! La preuve à Sainte-Croix.

de
Catherine Magnin
DR

Adeline Stern, gérante du cinéma Royal à Sainte-Croix (1 salle pouvant accueillir jusqu'à 262 personnes), fait contre mauvaise fortune bon coeur. Certes, elle-même et une vingtaine de personnes qui travaillent à temps partiel au bon fonctionnement de la salle sont impactées. «Et beaucoup de spectateurs habituels qui sont un peu désespérés», ajoute la gérante.

Certes, il faut, pour assumer les charges sans vendre un billet, vivre sur les réserves, et peut-être envisager du chômage partiel pour une employée si la fermeture des salles doit durer. Pour autant, la situation n'est, à ses dires, pas catastrophique pour l'instant. Quand on lui demande combien de temps l'établissement peut tenir, elle répond du tac au tac: «S'il n'en reste qu'un, ce sera le Royal!»

Soutien et avenir

Des marques de soutien, elle en a reçues de clients. Rien des politiques «qui ont sans doute plus important à traiter». Et la perspective d'un assouplissement des mesures de confinement après le 19 avril, avec une éventuelle réouverture des salles sous conditions (par exemple 1 siège sur 2)? «Je n'y crois pas du tout. De plus il faut garder en mémoire que pour les cinémas tel que le nôtre, un cinéma qui tourne au ralenti coûte beaucoup plus qu'un cinéma fermé.»

Pas peur du streaming

Coincés chez eux, ce qui favorise la consommation de films en ligne (VOD), les spectateurs pourraient-ils perdre l'habitude de se rendre dans une salle de cinéma? «Voir un film en salle est une expérience très différente, rappelle Adeline Stern. Elle se vit en collectivité et nous aurons besoin des autres après.» Elle ajoute: «De plus, il manque l'expertise de la programmation pour les films en VOD. Qui n'a pas vécu une soirée à chercher un bon film sur Netflix sans rien voir au final?»

Alors, ce temps particulier, à quoi le consacre Adeline Stern?« À mettre sur pied des activités pour la Lanterne Magique et le Royal sur internet afin de garder le lien avec le public de «bons» films»…

Et elle conseille aux cinéphiles bloqués chez eux la lecture de deux ouvrages: «Ma vie», de Chaplin, et «Slapstick», de Buster Keaton.

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