Fonte des neiges: S'il pleut beaucoup, gare aux inondations
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Fonte des neigesS'il pleut beaucoup, gare aux inondations

S'il devait pleuvoir beaucoup ce printemps, la fonte des neiges serait accélérée, ce qui pourrait provoquer des inondations - comme cela c'est produit en 1999.

Bien que les prévisions à moyen terme ne puissent afficher que des moyennes et des valeurs extrêmes, les spécialistes observent chaque jour la situation météorologique et établissent des prévisions pour les volumes d'écoulement et la régulation des niveaux d'eau.

Le printemps a commencé mais la couverture neigeuse dans les montagne est encore très importante, semblable à celle de 1999, et les spécialistes s'en préoccupent. L'Office fédéral de l'environnement (OFEV) et l'Institut pour l'étude de la neige et des avalanches (SLF), à Davos, sont sur leur garde.

Deux composantes sont nécessaires et liées à la survenue de crues: de grandes quantités de neige et des pluies abondantes et relativement chaudes. Or, l'évolution de ces deux facteurs n'est pas prévisibles à moyen terme.

Les mesures faites au cours de l'hiver 2008-2009 montrent des différences avec celui de 1998-1999. Celui qui s'achève a été particulièrement long et la neige abondante mais, sur le Plateau, les précipitations sont restées dans les moyennes. Dans les Alpes, en revanche, l'épaisseur de la couche, selon le SLF, est supérieure à la moyenne mais reste inférieure à la valeur centennale. Actuellement, la couche est encore particulièrement épaisse à haute altitude sur le versant sud des Alpes et sur le massif du Gothard.

Lame d'eau

Ce n'est pas l'épaisseur de la neige qui compte mais bien ce que la couche neigeuse représente en eau, selon le SLF. Malgré l'absence de mesures précises pour 1999, le SLF estime que, par rapport à la moyenne des années précédentes, la lame d'eau actuelle est en moyenne près de 200 mm plus épaisse.

Selon l'historien du climat Christian Pfister, de l'Université de Berne, les épisodes de hautes eaux sont relatés en Suisse depuis la moitié du XIIIe siècle. Actuellement, le risque paraît relativement faible - mais il n'est évidemment pas nul. Les inondations qui se sont produites au cours des sept derniers siècles montrent que, souvent, elles sont déclenchées par une courte période chaude - qui fait d'abord fondre beaucoup de neige - suivie par de la pluie. Trois jours de fortes pluies suffisent pour provoquer des inondations. Ce qui serait dangereux, c'est que de grosses masses de neige subsistent encore au mois de mai à moins de 1500 m.

A l'OFEV, ce sont les débits qui sont journellement suivis. Les hydrologues sont en contact avec les spécialistes de la neige et les météorologues, de façon à pouvoir prendre les mesures de régulation nécessaire, notamment la vidange préventive de lacs.

En 1999, une grande partie du Plateau alémanique avait été touchée par les inondations. Une pareille étendue inondées n'avait auparavant été enregistrée qu'en 1876. Ce sont principalement les débordements des lacs, de l'Aar, de la Thur et du Rhin qui avaient provoqué des dégâts pour près de 600 millions de francs. (ap)

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