ÉLITE: S'ils sont au top, ce n'est pas par hasard
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ÉLITES'ils sont au top, ce n'est pas par hasard

Les kiwis font la loi en rugby. La Jamaïque règne sur le sprint. Mais qu'est-ce qui pousse les nations à exceller dans une certaine discipline?

par
Marine Guillain

Les All Blacks survolent la Coupe du monde de rugby, dont la finale se déroulera le 23 octobre. Pourquoi l'équipe néo-zélandaise semble-t-elle intouchable, tandis que certaines nations sont les leaders d'autres disciplines?

Tout commence par la génétique. «Les Jamaïcains, Afro-Américains et autres, originaires d'Afrique de l'Ouest, sont les rois du sprint car leur squelette est adapté pour la vitesse», explique Beat Glogger, journaliste scientifique et auteur de «Lauf um mein Leben» («Courir pour ma vie»), un ouvrage qui analyse l'influence de la génétique sur la performance. «Les Africains de l'Est (Kényans, Ethiopiens), eux, battent des records sur les longues distances grâce à une morphologie plutôt petite et svelte. Quant aux Caucasiens (Européens), ils sont les rois des épreuves de force telle l'haltérophilie.»

Dans les disciplines plus complexes qui demandent à la fois vitesse, force et agilité (rugby, cricket, football, tennis), la génétique a moins d'influence. «Connaissant leur potentiel, certains gouvernements investissent dans une seule discipline», note Beat Glogger (voir encadrés).

Les Néo-Zélandais sont doués pour le rugby car la gym à l'école les oblige à le pratiquer dès leur plus jeune âge, une ou deux heures par jour. Plus tard, nombre d'établissements permettent aux moins bons élèves de compenser leurs lacunes avec ce sport, comme les États-Unis le font avec le football américain.

Plus vite que le reggae

Rolf Malcolm Fongué, champion suisse du 100 mètres, s'est entraîné plusieurs mois aux côtés des meilleurs. «En Jamaïque, le sprint est au centre de la vie, raconte-t-il. Les jeunes pratiquent l'athlétisme chaque après-midi. Ceux qui sortent du lot sont pris en charge par un coach.» L'équipe jamaïcaine menée par Usain Bolt ne cesse de rafler des médailles et de battre des records mondiaux.

Les Antillais, du fait de leurs origines ouest-africaines, ont le calcanéus (os situé sous le talus, en dessus du talon) plus long que la moyenne mondiale. Mais la question du dopage reste aussi omniprésente, aux Caraïbes comme aux États-Unis. «Les 60 meilleurs temps sur 100m ont été établis par des athlètes d'origine africaine, rappelle Beat Glogger. Quant à l'équipe suisse de relais, elle est constituée de deux Blancs et deux Noirs, ce qui constitue une proportion énorme.»

Le football au Brésil est un art de vivre

En Amérique latine, la discipline est une véritable institution, spécialement au Brésil et en Argentine. Dans le cas de ce sport, ce n'est pas vraiment une histoire de gènes mais plutôt de tradition. On dit de l'équipe brésilienne, cinq fois championne du monde entre 1958 et 2002, qu'elle «joue comme elle danse la samba». Selon Beat Glogger, les jeunes sont largement influencés par l'équipe nationale et veulent coûte que coûte imiter leurs idoles, Ronaldinho en tête. Le football semble aussi un moyen pour les plus défavorisés de sortir de la misère. Cette dimension fait naître une immense fascination pour ce sport.

Frères ennemis réunis par la passion du sport

Quel sport rassemble des centaines de millions de téléspectateurs à chaque match en Inde et au Pakistan? Pas le foot, mais bien le cricket. Les joueurs sont considérés comme des dieux vivants. C'est la concurrence entre les deux frères ennemis qui a produit les meilleurs éléments mondiaux de la discipline. L'enseignement du sport est à l'image de la pression exercée sur les sportifs. Ces derniers n'ont pas le droit de décevoir leur nation.

De «petits soldats du sport» en Chine

Les gymnastes de l'Empire du Milieu ont une morphologie favorisant la souplesse et l'agilité. Conscient de cet atout, le gouvernement pousse à fond les jeunes filles, afin qu'elles n'aient pas d'autre choix que de réussir. Elles sont présélectionnées dès l'âge de 8 ans et subissent un entraînement draconien de six heures par jour. La Chine compte 1,3 milliard d'habitants; cet avantage n'est pas négligeable quand il s'agit de dénicher des talents.

En Suisse, le sport n'est pas une priorité

Selon l'anatomie «caucasienne», celle des Suisses n'est ni adaptée pour la vitesse ni pour la longue distance, mais plutôt pour la force. Bien que quelques athlètes d'exception aient déjà fait leurs preuves comme Roger Federer, on ne note pas de prédisposition pour un sport en particulier. Lors des compétitions internationales, c'est dans les sports d'hiver que les Suisses sont les plus présents. Comparées aux autres pays, les institutions spécialisées, le budget et les prises en charge sont faibles.

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Reportage sur les jeunes gymnastes chinoises

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