13.08.2019 à 11:02

Cours de survie

S'inspirer de Néandertal pour apprendre à survivre

Il frotte des silex pour allumer un feu, avale des sauterelles, construit une cabane. Dans les vallées du nord de l'Italie, Guido Camia s'inspire de l'homme de Néandertal pour apprendre à survivre en pleine nature.

Habillé en homme préhistorique, Guido Camia tente d'allumer un feu en frottant des silex, à Chianale, dans les Alpes italiennes, le 7 août 2019.

Habillé en homme préhistorique, Guido Camia tente d'allumer un feu en frottant des silex, à Chianale, dans les Alpes italiennes, le 7 août 2019.

AFP

Sur les images qu'a prises de lui l'AFP près de Chianale, on voit Guido Camia escalader des rochers, le long d'un torrent à la recherche de poissons, les pieds nus, vêtu d'une peau de bête. Ou courir dans les champs, une grande lance à la main, en quête de gibier.

Capable de s'adapter à tous les climats

«Depuis cinq ans, j'organise des cours de survie tout à fait officiels, supervisés par la Fédération italienne qui est reconnue internationalement», explique-t-il à l'AFP. À côté de cours dispensés en tenue classique, il a «fait naître ce personnage» de Néandertal en raison de sa «passion pour le paléolithique».

«Il était très intelligent, il a découvert le feu, il était capable de s'adapter à tous les climats», s'enthousiasme Guido, un ancien pâtissier de 37 ans qui a changé de cap pour transformer en métier sa passion de l'aventure en plein air.

L'homme de Néandertal était «un nomade, qui se déplaçait beaucoup, vivait dans les grottes, mais savait aussi construire de petits abris», poursuit Guido, qui lit toutes les publications sur cette période.

Les cours de survie sont souvent organisés le week-end. Le tarif de base démarre à 80/100 euros par personne pour le premier niveau qui prévoit un bivouac d'une seule nuit. Il organise aussi des sessions d'initiation de deux à trois heures destinées aux familles ou aux groupes scolaires.

«Je leur montre comment vivait Néanderthal, ce qu'il mangeait, comment il chassait, utilisait une lance, allumait le feu, je leur apprends à se servir de matières de base pour cuisiner», explique celui qui arrondit ses fins de mois en donnant des cours d'arts martiaux.

Sans nourriture pendant plusieurs jours

Pour les cours de survie, les débutants ont droit à un tissu en nylon pour s'abriter et à un peu de nourriture. «Mais je les mets dans les conditions où ils doivent se débrouiller: je leur laisse des pommes de terre pour imiter les racines qu'ils devraient chercher, cela les oblige à faire un feu, car on ne peut pas les manger crues. De même, je leur donne de la farine, mais c'est immangeable s'ils ne la mélangent pas à de l'eau», explique Guido.

Dans les niveaux plus élevés, les «élèves» peuvent se retrouver sans nourriture pendant plusieurs jours. «Cela leur fait comprendre que le cerveau est l'organe qui consomme le plus d'énergie, et un calcul, même très simple, devient difficile après trois jours de jeûne», sourit-il.

Guido n'est pas un «collapsologue» et repousse tout catastrophisme, mais il pense qu'il faut «savoir s'adapter aussi au climat qui change, à d'autres types de nourriture et changer de modes de vie». (afp)

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