Actualisé 30.11.2011 à 11:42

De «A+» à «A»

S&P dégrade la note d'UBS

L'agence de notation Standard and Poor's abaisse la note des plus grandes banques du monde. UBS fait partie du lot.

L'agence de notation Standard and Poor's abaisse la note de 15 des 37 plus grandes banques du monde, dont UBS, à l'occasion d'une réévaluation des notations destinée à tenir compte de nouveaux critères d'évaluation. Les perspectives de Credit Suisse ont aussi été rétrogradées.

L'agence a «passé en revue la notation des 37 plus grandes institutions financières du monde en appliquant les nouveaux critères de notation pour les banques» publiés le 9 novembre, a expliqué Standard and Poor's (S&P) dans un communiqué publié mardi soir. A terme, quelque 750 banques seront examinées à cette aune.

Les notes des banques qui ont été placées sous surveillance «seront de nouveau évaluées sous 90 jours», précise S&P. Les notes de Bank of America, Goldman Sachs, JPMorgan Chase, Morgan Stanley, Citigroup et Wells Fargo, notamment, ont été abaissées.

UBS et Credit Suisse aussi touchés

La plupart des notes des banques européennes et en particulier françaises étaient inchangées. UBS a par contre vu son rating ramené de A à A. La perspective de Credit Suisse, toujours noté «A », a pour sa part été revue de «stable» à «négative».

Parmi les autres banques européennes qui ont vu leur note modifiée, l'espagnole Banco Bilbao Vizcaya Argentaria a vu sa note abaissée (A contre AA-), de même que la britannique Barclays (A contre A auparavant). La néerlandaise Rabobank a perdu son triple A, pour tomber à AA. C'était la seule grande banque non publique qui disposait encore de la meilleure note possible de S&P.

Les banques publiques chinoises ont vu leur note relevée pour mieux tenir compte du soutien gouvernemental, qui diminue la possibilité de faillite: Bank of China a vu sa note passer à A contre A- et China Construction Bank à A contre A-.

Pas dramatique

«Ces abaissements de note reflètent en première ligne une disponibilité diminuée des Etats à sauver les banques en cas de crise», esime Teresa Nielsen, analyste à la banque Vontobel. S'y ajoute le risque d'un éclatement de l'union monétaire européenne, qui toucherait durement la branche financière, a-t-elle expliqué à l'ats.

Du côté d'UBS, la rétrogradation n'est de loin pas jugée dramatique. Selon Serge Steiner, porte-parole de l'établissement, la banque a renforcé ces derniers temps son capital de base et réduit son exposition aux risques.

Pour Teresa Nielsen, UBS comme Credit Suisse sont toujours bien placées en comparaison internationale. Pour certaines des banques rétrogradées, de nouveaux crédits pourraient désormais s'avérer plus onéreux «mais UBS est déjà bien capitalisée», selon l'analyste qui estime qu'il ne faut pas accorder d'importance exagérée à ces notations.

Reste que l'agence Moody's avait elle aussi déjà annoncé envisager une rétrogradation d'UBS, un avertissement réitéré mardi. Et en octobre déjà, l'agence de notation Fitch avait abaissé la note de la grande banque suisse de A à A.

Nouvelle méthodologie

S&P avait averti il y a dix jours qu'elle avait révisé ses critères de notation des banques dans la foulée de la crise financière et qu'elle annoncerait des modifications dans ses notations d'ici la mi-décembre.

La nouvelle méthodologie donne une plus grande importance à l'environnement macroéconomique, désormais le point de départ de la note des banques, et S&P a affiné son analyse des capitaux et des risques.

S&P s'intéresse notamment plus qu'avant à la manière dont les bénéfices générés sont utilisés ou non pour renforcer les capitaux ou s'ils sont totalement redistribués.

L'agence devrait d'ici le 15 décembre publier d'autres listes de modifications de notations de banques moins importantes que la liste publiée mardi, par région du monde. (ats)

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