Actualisé 26.11.2014 à 20:23

Nigeria

Sa mort aura coûté 40 centimes au bourreau

Le procès d'une Nigériane de 14 ans accusée d'avoir tué son mari de plus de 20 ans son aîné a repris mercredi avec le témoignage d'une petite fille qui a raconté avoir acheté l'arme fatale: de la mort aux rats.

Le parquet de la Haute Cour de Gezawa, en périphérie de Kano, la plus grande ville du nord du Nigeria, a déposé une plainte contre Wasila Tasi'u, accusant la jeune fille d'homicide volontaire pour le meurtre d'Umar Sani, 35 ans, deux semaines après leur mariage dans la village d'Unguwar Yansoro, en avril. L'adolescente est également accusée d'avoir empoisonné trois autres personnes mortes peu après avoir mangé le plat fatal au mari.

Le procès de Wasila Tasi'u, originaire d'une famille pauvre du Nord, a provoqué une polémique sur le mariage de mineures et sur leur consentement discutable dans cette région majoritairement musulmane.

La première personne à être entendue comme témoin est une petite fille de sept ans nommée Hamziyya, qui vivait dans la même maison que Wasila Tasi'u et Umar Sani au moment où le mari a été empoisonné.

Soeur de la seconde épouse

La petite fille a été présentée comme la soeur de la seconde épouse de Sani, la polygamie étant très répandue dans le nord du Nigeria, majoritairement musulman.

Hamziyya a déclaré avoir reçu 80 nairas (36 centimes d'euro) de la part de Wasila Tasi'u pour acheter de la mort-aux-rats dans une boutique du quartier le 5 avril, le jour de la mort de Sani. «Elle a dit que les rats la dérangeaient dans sa chambre», a témoigné Hamziyya.

Le parquet accuse Wasila Tasi'u d'avoir mélangé le poison avec la nourriture qu'elle préparait pour une célébration nuptiale, sans doute parce qu'elle regrettait d'avoir épousé Sani.

Particules noires

Le témoignage de la petite Hamziyya a été appuyé par celui d'Abuwa Yusuf, un commerçant qui a confirmé lui avoir vendu le poison. Le voisin du mari, un fermier de 30 ans nommé Abdulrahim Ibrahim, a déclaré que la nourriture empoisonnée lui avait également été proposée.

«Quand il a apporté la nourriture, j'ai remarqué des particules un peu sablonneuses, de couleur noire», a-t-il déclaré à la cour. Après avoir avalé quatre petites boulettes à base de pâte de haricots, il s'est arrêté, n'appréciant pas le goût du plat, mais «Umar (Sani), lui, a continué», a-t-il rapporté.

M. Ibrahim a ensuite découvert Sani malade dans le jardin et l'a ramené à l'intérieur pour le soigner. C'est alors qu'il a appris que trois autres personnes ayant mangé le même plat étaient décédées.

Elle encourt la peine de mort

Le procureur Lamido Abba Soron-Dinki a déclaré avoir encore six témoins à présenter mais le juge a ajourné le procès jusqu'au 22 décembre. Wasila Tasiu plaide non coupable. Elle encourt la peine de mort mais aucun mineur n'a été exécuté au Nigeria depuis 1997, du temps de la dictature militaire de Sani Abacha, selon Human Rights Watch. (afp)

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