Soleure: «Sa réaction est totalement exagérée»
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Soleure«Sa réaction est totalement exagérée»

Un automobiliste a klaxonné un cycliste qui roulait trop au milieu de la route, dimanche à Selzach (SO). Ce dernier a alors insulté le conducteur. Contactée, la police explique que les deux usagers sont fautifs.

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cho/ofu

Sur les routes suisses, la cohabitation entre voitures et vélos ne se passe pas toujours dans la bonne humeur. Les situations dangereuses ne sont pas rares, ce qui provoque des frustrations tant du côté des automobilistes que des cyclistes. Athos Iob de Granges (SO) en a fait l'amère expérience, le week-end passé.

Le jeune homme de 19 ans conduisait à travers la commune soleuroise de Selzach lorsqu'il s'est retrouvé derrière un cycliste, roulant au milieu de la route. «J'ai klaxonné tout doucement pour qu'il sache qu'une voiture roulait derrière lui», raconte mercredi l'automobiliste à «20 Minuten».

«La réaction du cycliste est totalement exagérée»

Visiblement contrarié, l'homme à vélo s'est alors immédiatement arrêté. Le doigt levé, il s'est approché du jeune homme et l'a insulté. Avant de partir, il a rabattu énergétiquement le rétroviseur du conducteur. La scène a été filmée par la caméra embarquée que le lecteur a fait installer dans son auto. «La réaction du cycliste est totalement exagérée. Je ne lui voulais rien de mal», s'explique le jeune homme. Et d'ajouter: «Je ne voulais pas le stresser. Ça m'est égal qu'il roulait à 30 km/h dans une zone limitée à 50 km/h. Je n'étais pas pressé.»

Après ce qui s'est passé, l'employé de commerce a décidé de poster la vidéo sur Facebook après avoir pris soin de flouter le cycliste. «Je voulais montrer aux gens que ça ne sert à rien de toujours s'énerver si rapidement sur la route.» L'enregistrement a été partagé et commenté plus de 1000 fois sur Facebook. «Je serais sorti de ma voiture et je lui en aurait mise une», écrit ainsi un internaute. Et il n'est de loin pas le seul à avoir laissé un commentaire du genre.

«Il n'aurait pas dû le klaxonner»

Contactée par «20 Minuten», la police cantonale soleuroise a jeté un oeil à la vidéo. «Les cyclistes doivent rouler à droite, sauf lorsqu'ils sont dans un rond-point», explique la porte-parole Astrid Bucher. Selon elle, l'homme à vélo n'aurait, par ailleurs, pas dû s'arrêter au milieu de la chaussée et bloquer ainsi la circulation. Elle note également que toute personne qui en insulte une autre risque une peine pécuniaire si une plainte est déposée contre elle.

Astrid Bucher précise cependant que le comportement d'Athos Iob n'était pas correct non plus: «Il n'aurait pas dû le klaxonner.» Selon elle, l'utilisation de l'avertisseur sonore n'est autorisée qu'en cas d'extrême nécessité comme lorsque des enfants au bord de la route ne font pas attention au trafic.

Les caméras embarquées sont controversées

Le TCS a un avis mitigé envers ces appareils. «Avec ces caméras embarquées, les personnes privées procèdent à une sorte de vidéosurveillance de l'espace public sans en avoir l'autorisation nécessaire», a estimé le 18 avril dernier le porte-parole David Venetz, interrogé par «20 Minuten». L'assureur Axa Winterthur, en revanche, n'est pas du même avis. Sa porte-parole Mirjam Eberhard pense que les caméras embarquées peuvent être utiles parce qu'elles permettent de livrer des images utiles pour la reconstruction d'un accident. Mais malgré ces avantages, Axa Winterthur ne conseille pas l'utilisation active de ces caméras à ses clients. La porte-parole propose plutôt d'opter pour le crash recorder, qui enregistre toutes les données importantes pour la reconstitution du déroulement de l'accident.

«Les personnes photographiées ne peuvent pas donner leur accord»

Contactée début 2014 par «20 Minuten», une porte-parole du bureau du préposé fédéral à la protection des données avait rappelé que le problème principale avec les caméras embarquées était qu'elles filmaient tout ce qui passe devant l'objectif: «Les personnes photographiées ne peuvent pas donner leur accord. Les images comportant des plaques minéralogiques ou des visages peuvent se retrouver sur le Net sans que les personnes touchées le sachent.»

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