Zurich - Sa truffe aiguisée détecte téléphones portables et clés USB

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ZurichSa truffe aiguisée détecte téléphones portables et clés USB

La police municipale de Zurich compte sur le flair du commissaire Dex, un chien dressé à trouver tout support de données. Une première en Suisse.

Le commissaire Dex et son maître sur la piste d’une carte SIM.

Le commissaire Dex et son maître sur la piste d’une carte SIM.

Ela Çelik/Tamedia

Dex est le premier chien de détection de supports de données en Suisse. Il fait partie des 30 toutous que compte la police municipale de Zurich. Alors que ses congénères reniflent les drogues, les explosifs et les billets de banque, recherchent des personnes disparues ou servent de protection policière, ce labrador détecte les supports de données électroniques. Il fait fureur pour retrouver téléphones portables, cartes SIM, disques durs, clés USB, ordinateurs, tablettes ou cartes mémoire. Les dispositifs GPS, les caméras et les dispositifs d’écoute figurent également dans la panoplie des choses qu’il sait rechercher.

«Les preuves électroniques prennent de plus en plus d’importance dans les enquêtes policières», explique Adrian Hedinger, maître-chien, au «Tages-Anzeiger». Il arrive très souvent que des criminels présumés cachent ou camouflent des supports de données, dans des appartements, des voitures ou à l’extérieur. Que ce soit dans des cas de suspicion de pédopornographie, de fraude sur internet, d’extrémisme, de jeux d’argent illégaux ou d’autres infractions pour lesquelles les enquêteurs soupçonnent que des preuves soient sur des supports de données électroniques.

Comment ça marche?

Les chiens sont généralement conditionnés à sentir certaines substances chimiques présentes dans les appareils électriques et les cartes mémoire. Les téléphones portables ou les émetteurs GPS produisent leur propre odeur à cause de la batterie au lithium-ion. En revanche, les petits supports de stockage, sans source d’énergie interne, comme les cartes micro SD ou les cartes SIM, sont plus difficiles à localiser. Mais ceux-ci contiennent également des parfums, qui sont toutefois à peine perceptibles par le nez humain. Le composé organique du phosphore, l’oxyde de triphénylphosphine, par exemple, est un composant présent dans presque tous les supports de stockage numérique.

Les chiens renifleurs de supports de données ont été utilisés pour la première fois aux États-Unis en 2013. En Suisse, Dex a commencé sa formation à l’été 2019. Il est en action depuis juin 2020, et selon Adrian Hedinger, ses résultats sont impressionnants: «Dans une mission sur deux, il a trouvé quelque chose que les gens avaient auparavant planqué.» Il ne peut fournir de chiffres exacts, mais le chien a déjà trouvé plusieurs téléphones portables, des clés USB et des cartes mémoire mini SD et même un ordinateur portable.

C’est un jeu

Toutes les missions de Dex ne sont pas couronnées de succès. «C’est une créature vivante qui a de bons et de mauvais jours, tout comme nous, les humains, en avons», explique Adrian Hedinger. Parfois, son chien est moins motivé ou «se lève de la patte gauche». Il a observé une particularité lors des séances d’entraînement: «À plusieurs reprises, le mardi, Dex n’a pas voulu chercher de supports de données. C’est comme si c’était son dimanche, son jour de repos de chien», dit le policier avec un clin d’œil.

Il est convaincu que le travail de reniflage est amusant pour l’animal. Presque tous les chiens aiment ce genre de «travail avec le nez» où ils peuvent fouiller pour trouver quelque chose. Et Dex apprend vite, comme l’a remarqué Adrian Hedinger. Parfois, lorsque le chien a encore faim le soir, il s’accroupit tout près de lui et renifle la poche de son pantalon, où il a toujours son téléphone portable. «Il veut montrer qu’il a trouvé un autre support de données. Et dans ce cas, il attend une récompense substantielle…»

(jbm)

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