Actualisé 27.10.2008 à 18:26

GéorgieSaakachvili limoge le Premier ministre

Le président géorgien Mikheïl Saakachvili a annoncé lundi le départ du Premier ministre Lado Gourgenidzé, déclarant que le pays avait besoin d'une «énergie nouvelle» pour les défis consécutifs à la guerre contre la Russie.

Il sera remplacé par l'ambassadeur de Géorgie à Ankara.

«Nous avons décidé en commun, Lado Gourguenidze et moi, qu'il abandonnait son poste de Premier ministre et qu'il allait prendre la direction d'une nouvelle commission financière», a dit M. Saakachvili lors d'une rencontre avec des députés, retransmise à la télévision.

M. Saakachvili devait demander au Parlement géorgien d'entériner la nomination à ce poste de Guegua Mgaloblichvili. L'issue du vote au Parlement, contrôlé par le parti du président, ne faisait guère de doutes.

Décision ancienne

Lors d'une réunion avec des dirigeants de la majorité, M. Saakachvili a déclaré ensuite que le départ de M. Gourguenidze, 37 ans, avait été décidé bien avant la guerre de cinq jours qui a opposé en août dernier les forces russes et géorgiennes pour le contrôle de la région rebelle de l'Ossétie du Sud.

«Quand Lado a été nommé il y a un an, il m'a dit qu'il ne pourrait faire cela que pendant un an», a dit le président. «Aujourd'hui, nous avons de nouveaux défis à relever. Un nouveau pouvoir et une énergie nouvelle sont nécessaires pour faire face à ces défis. Notre économie subit un double assaut - la crise financière internationale et l'agression russe.»

M. Gourguenidze a également parlé d'une «décision commune et consensuelle». «Je n'ai aucun doute quant à la continuité de la politique économique libérale en Géorgie, (celle) qui a été le moteur du succès de la Géorgie ces dernières années», a-t-il déclaré.

Selon des responsables, le Premier ministre désigné révélera son nouveau cabinet avant un débat parlementaire dont la date reste à fixer. M. Saakachvili a déclaré que le cabinet ne subirait «pas de changements radicaux».

Croissance mise à mal

M. Gourgenidzé, un ancien banquier favorable aux réformes et proche des Occidentaux, avait été nommé à la tête du gouvernement en novembre 2007, avec pour mission principale d'attirer les investissements étrangers et de soutenir la croissance.

Une croissance mise à mal par la guerre de cinq jours qui a opposé en août les forces russes et géorgiennes se disputant le contrôle de la région sécessionniste géorgienne d'Ossétie du Sud.

Manifestations annoncées

Le président Saakachvili, arrivé au pouvoir en 2003, est lui- même la cible de vives critiques depuis ce conflit, l'opposition lui reprochant son aventurisme.

Cette opposition entend multiplier les manifestations début novembre pour le premier anniversaire de la violente répression de son mouvement de protestation contre l'»autocratisme» du chef de l'Etat.

Son chef, Levan Gatchetchiladze, a promis la semaine dernière «une nouvelle vague de manifestations» contre M. Saakachvili à partir du 7 novembre, un an jour pour jour après la brutale intervention de la police anti-émeute contre les protestataires à Tbilissi.

Il a précisé que les manifestants se rassembleraient sur la grande avenue devant le parlement, sur les lieux mêmes des affrontements qui avaient fait des dizaines de blessés l'an dernier.

(ats)

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