Saddam Hussein condamné au gibet
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Saddam Hussein condamné au gibet

«Je suis un soldat: fusillez-moi, mais ne me pendez pas comme un simple criminel!»

L'ex-dictateur irakien ne se faisait aucune illusion sur l'issue de son procès. Le verdict est tombé hier: Saddam Hussein est condamné à la pendaison. Si la sentence réjouit les Etats-Unis, les gouvernements européens sont embarrassés. «L'ancien président irakien devait être sévèrement puni. Mais la peine de mort n'est pas justifiable, même pour les crimes les plus graves», a réagi le Département fédéral des affaires étrangères.

L'ex-président Saddam Hussein et deux de ses coaccusés ont été condamnés à mort «par pendaison» hier par le Haut Tribunal pénal irakien. Ils étaient jugés pour leur responsabilité dans l'exécution de 148 chiites à Doujaïl dans les années 1980, en représailles à un attentat. Saddam Hussein a constamment tenté d'interrompre le juge lors de l'énoncé du verdict, en criant: «Longue vie à l'Irak!» Il est apparu visiblement secoué par ce verdict. «Dieu est plus grand que l'occupant», a-t-il clamé, alors que quatre gardes l'ont sorti de la salle d'audience, mains liées dans le dos.

Saddam Hussein a aussi été condamné à 10 ans de prison pour «crime contre l'humanité» (torture), et à 10 autres années pour «déplacement de population». L'audience a duré moins de quarante minutes et clôture un procès qui s'est tenu d'octobre 2005 à juillet 2006. Les statuts du tribunal prévoient une procédure automatique d'appel en cas de condamnation à mort, ce qui pourrait repousser de plusieurs mois l'exécution du verdict.

Barzan Ibrahim al-Tikriti, l'un des trois demi-frères de Saddam Hussein, et l'ancien président du Tribunal révolutionnaire Awad Ahmed al-Bandar ont également été condamnés à la peine capitale. L'ancien vice-président irakien Taha Yassine Ramadan, un dur parmi les durs de l'ancien régime, a été condamné à la prison à vie.

La plupart des gouvernements européens, dont la Suisse, estiment que la peine de mort n'est pas justifiable, même pour les crimes les plus graves.

(ats/afp/reuters)

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