Actualisé 27.12.2006 à 12:11

Saddam Hussein montera au gibet en «martyr»

La cour d'appel irakienne a confirmé la condamnation à mort de Saddam Hussein pour le massacre de villageois chiites.

Le verdict est tombé le jour même où le nombre de morts américains depuis l'invasion de l'Irak en 2003 a dépassé le bilan des attentats du 11 septembre 2001.

La cour d'appel du Haut tribunal pénal irakien a ratifié le verdict d'exécution de Saddam Hussein, a annoncé en fin de journée un porte-parole de cette juridiction. Le président irakien déchu sera exécuté dans les 30 jours par pendaison et «à n'importe quel moment à partir de mercredi», a précisé un juge de la cour d'appel.

148 villageois

Saddam Hussein qui a dirigé le pays d'une main de fer de 1979 jusqu'à l'invasion américaine et la chute de son régime en avril 2003, avait été condamné à mort par pendaison le 5 novembre pour l'exécution de 148 villageois chiites de Doujail (au nord de Bagdad), dans les années 1980, en représailles à un attentat contre le convoi présidentiel.

Son demi-frère Barzan al-Tikriti, ancien chef des services de renseignement, et l'ancien président du tribunal révolutionnaire Awad al-Bandar avaient également été condamnés à la peine capitale. Leur appel a été rejeté, a précisé le juge, et tous deux seront également pendus d'ici 30 jours.

Les peines de trois autres accusés, ex-dirigeants locaux du parti Baas condamnés à 15 ans de prison, ont aussi été confirmées. L'appel de l'ancien vice-président Taha Yassine Ramadan, dur parmi les durs de l'ancien régime, condamné à la prison à vie, a également été rejeté mais la cour d'appel a demandé que la peine soit aggravée.

«Politique»

Depuis Amman, l'avocat du président déchu, Me Khalil Doulaïmi, a affirmé que la décision de la cour d'appel était «prévisible» et a de nouveau dénoncé un procès «politique». «Ce jugement figure dans les agendas américain et iranien visant à diviser l'Irak et à l'engager dans une guerre civile», a-t-il estimé.

Selon la loi irakienne, aucune autorité, pas même le chef de l'Etat, ne peut user du droit de grâce ni commuer les peines prononcées.

En outre, la tenue d'un autre procès n'ayant pas de caractère suspensif, Saddam Hussein sera pendu, même s'il est actuellement jugé avec six anciens dirigeants pour avoir ordonné et mis en oeuvre les campagnes militaires Anfal en 1987-88 dans le Kurdistan. Ces campagnes ont coûté la vie à 180'000 Kurdes selon l'accusation.

L'ancien président irakien a déclaré qu'il monterait au gibet en «martyr». Il a appelé le peuple irakien à rester uni «face à ses ennemis», dans une lettre «au peuple irakien» transmise mercredi à l'AFP et authentifiée par ses avocats.

«Je me sacrifie. Si Dieu le veut, il ordonnera de me placer auprès des martyrs et des vrais hommes», déclare Saddam Hussein dans ce courrier daté de mardi.

«Les ennemis de votre pays, les envahisseurs et les Perses ont trouvé une barrière dans l'unité entre vous et ceux qui vous dirigent. C'est pourquoi ils tentent de semer la haine entre vous», poursuit le texte, en référence à l'armée américaine et au voisin iranien.

Ce courrier a été authentifié par l'équipe d'avocats basés en Jordanie qui assurent la défense de Saddam Hussein.

(ats)

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