Massacre à «Charlie Hebdo»: Saïd Kouachi lié à al-Qaïda au Yémen
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Massacre à «Charlie Hebdo»Saïd Kouachi lié à al-Qaïda au Yémen

L'un des deux frères soupçonnés d'avoir commis la tuerie de mercredi à Paris a rencontré un prédicateur d'al-Qaïda au Yémen en 2011, selon les services de renseignement yéménites.

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05.01.2017 De courtes et sobres hommages, avec dépôts de gerbes et minutes de silence, ont eu lieu jeudi à Paris en mémoire des victimes des attentats de janvier 2015 contre l'hebdomadaire «Charlie Hebdo»...

05.01.2017 De courtes et sobres hommages, avec dépôts de gerbes et minutes de silence, ont eu lieu jeudi à Paris en mémoire des victimes des attentats de janvier 2015 contre l'hebdomadaire «Charlie Hebdo»...

AFP/Eric Feferberg
...et le magasin Hyper Cacher, qui avaient fait 17 morts.

...et le magasin Hyper Cacher, qui avaient fait 17 morts.

AFP/Eric Feferberg
27.08.2016 Le beau-frère de l'un des auteurs de l'attaque contre Charlie Hebdo a été mis en examen pour «association de malfaiteurs terroriste en vue de préparation d'actes de terrorisme».

27.08.2016 Le beau-frère de l'un des auteurs de l'attaque contre Charlie Hebdo a été mis en examen pour «association de malfaiteurs terroriste en vue de préparation d'actes de terrorisme».

Saïd Kouachi a passé plusieurs mois au Yémen en 2011 pour y effectuer, comme un certain nombre d'étrangers, des études religieuses, a souligné un responsable des services de renseignement yéménites. Cette source n'a pas confirmé en revanche que Saïd Kouachi ait suivi un entraînement avec al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), ce que disent plusieurs sources européennes et américaines.

Anouar al-Awlaki, l'un des chefs d'AQPA, très actif sur Internet et considéré comme un influent recruteur pour al-Qaïda, a été tué en septembre 2011 dans une frappe de drone américain.

«Nous n'avons pas d'informations confirmant que (Saïd Kouachi) a été entraîné par al-Qaïda mais ce qui est confirmé, c'est qu'il a rencontré Awlaki à Chaboua», a dit la source des services de renseignement, qui souligne toutefois qu'un grand nombre de régions du Yémen échappait à l'époque au contrôle des autorités.

Plusieurs régions du Yémen

La province de Chaboua, dans le sud du Yémen, est le théâtre de combats entre les islamistes d'al-Qaïda et les forces de sécurité depuis plusieurs années.

La présence au Yémen de Saïd Kouachi a été signalée à différents moments entre 2009 et 2013, d'abord comme étudiant à l'Université al-Imane de Sanaa, animée par des fondamentalistes, puis dans des camps d'entraînement dans le sud et le sud-est du pays, selon des sources de sécurité yéménites.

L'Université al-Imane et d'autres instituts privés de Sanaa servaient de couverture à des réseaux extrémistes sunnites pour attirer des apprentis djihadistes des quatre coins du monde.

«Le voyage au Yémen offre un terrain propice à l'entraînement» pour des djihadistes, relève un spécialiste du Yémen, Laurent Bonnefoy.

Ciblés par les Etats-Unis

Lorsque Saïd Kouachi est revenu en France, son frère et lui se sont gardés de toute activité risquant d'attirer sur eux l'attention des services de sécurité ou de renseignement français, ont dit des sources européennes et américaines proches de l'enquête.

Selon les autorités américaines, les frères Kouachi étaient fichés dans deux bases de données.

Le premier indice d'une possible implication d'AQPA est venu de la bouche d'un des frères Kouachi lors de l'attaque qui a décimé mercredi la rédaction de «Charlie Hebdo». «Dites aux médias que c'est al-Qaïda au Yémen», a indiqué un assaillant, selon des témoins cités par des médias français.

Selon M. Bonnefoy, la radicalisation de Saïd Kouachi serait antérieure à son arrivée au Yémen, pays en proie à une instabilité chronique et où les ambassades occidentales sont au centre de toutes les menaces.

Critique liée à la France

«Le passage au Yémen n'est certainement pas l'élément déclencheur», dit l'expert français en s'étonnant que cet homme, «qui était déjà sur des listes noires du terrorisme, n'ait pas été intercepté» aux frontières. «Il y a certainement eu des dysfonctionnements des services français et yéménites».

AQPA, après avoir entraîné des individus, «leur laisse la liberté de choisir leurs cibles et les moyens de s'y prendre», souligne un chercheur yéménite spécialisé dans les groupes extrémistes, Saeed al-Jamhi.

«Une éventuelle revendication ne voudrait pas dire qu'il y ait eu une implication directe et une aide opérationnelle d'AQPA», souligne aussi M. Bonnefoy.

Le journal satirique français était présent sur une liste de cibles d'AQPA. (ats)

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