Tourisme : Saison estivale en baisse pour les hôteliers
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Tourisme Saison estivale en baisse pour les hôteliers

Les hôteliers suisses ont connu une saison estivale en demi-teinte, cette années. Août a été le pire mois.

L'hôtellerie suisse a vécu une saison estivale 2011 en repli, marquée du sceau du franc fort. Les nuitées enregistrées entre mai et octobre ont diminué de 2,7% par rapport à la même période de l'an passé, à 19,7 millions.

Les touristes étrangers affichent 11,1 millions de nuitées, soit 4,1% de moins que l'été précédent, a indiqué lundi l'Office fédéral de la statistique (OFS). Le recul est bien plus léger du côté de la clientèle helvétique (-0,8%) qui a généré 8,7 millions de nuitées.

Seul le mois de juin a été positif. Août a été le pire mois, alors que le franc était très cher, frôlant la parité avec la monnaie européenne. L'euro s'échangeait à 1,007 franc, un niveau intenable pour les industries exportatrices et le tourisme.

Octobre encore mauvais

Les liquidités injectées dans le circuit économique par la Banque nationale suisse (BNS), puis la fixation d'un taux de change plancher de 1,20 franc pour un euro, n'ont pas empêché l'hôtellerie suisse d'accuser des reculs encore en septembre et en octobre, dans un contexte conjoncturel international incertain. Sur le seul mois d'octobre, les nuitées ont reflué de 2,9% à 2,6 millions.

Pour l'ensemble des six mois considérés, les visiteurs en provenance du continent européen ont généré 690'000 nuitées de moins (-8,6%). Les baisses de fréquentation les plus massives concernent les touristes néerlandais (-16%), allemands (-11%), belges (-11%) et britanniques (-9,5%).

En revanche, le repli est moins fort du côté des Français (- 5,2%). Le marché américain subit une détérioration moindre (-1,3%) en dépit d'une diminution de 3,7% des visiteurs venus des Etats- Unis. Même le Japon et les pays du Golfe accusent de net reculs.

Tous continents confondus, outre la solidité de la clientèle suisse, le salut est à nouveau venu des marchés émergents. La Russie affiche une hausse de 9,7%, le Brésil 17%, l'Inde 16%, la République de Corée 22%, le continent océanique 6,7%.

La Chine avant tout

Ces pays font l'objet d'un marketing offensif de la part des organisations de promotion touristique suisses, soutenues par les mesures d'aide de la Confédération. Reste que le nombre de ces visiteurs ne suffit pas encore à compenser la grisaille européenne.

Au-delà de ces quelques dizaines de milliers de nuitées de plus via ces marchés prometteurs, le pilier de la croissance demeure la Chine. Pas moins de 140'000 touristes supplémentaires ont fait le déplacement jusqu'en Suisse ( 53%) comparé à l'été 2010.

Toutes les régions helvétiques n'ont pas été logées à la même enseigne. La pire déconvenue touche les Grisons (-7,9%). Le Tessin (-6,6%), le Valais (-5,6%) et la Suisse orientale (-4,9%) n'étaient pas non plus à la fête. La région lémanique et la zone Lucerne/Lac des Quatre cantons s'en sortent un peu mieux.

Cinq régions ont en revanche réussi à tirer leur épingle du jeu. Fribourg est en tête avec une croissance de 5%. Zurich a accru ses nuitées de 2,7%. Jura et Trois Lacs, Berne et Bâle ont aussi progressé, quoique plus modestement.

(ats)

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