Genève: Salaires à la baisse dans les cliniques privées
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GenèveSalaires à la baisse dans les cliniques privées

Les établissements privés de la santé vont indexer à la baisse les rémunérations des employés en raison des pressions économiques qui pèsent sur le secteur.

par
leo/ats

L'Association des cliniques privées de Genève a décidé d'introduire une indexation négative des salaires de 1,4% pour cette année, a annoncé mardi la RTS. Cette mesure concerne les nouveaux employés. Le personnel déjà engagé touchera, lui, le même salaire qu'avant, avec un changement de classe salariale.

Gilles Rufenacht, président des cliniques privées genevoises et directeur de la clinique des Granagettes, a expliqué au 19h30 de la RTS «que les cliniques ne peuvent pas se permettre d'être déficitaires, sinon elles ferment. Elles doivent anticiper la diminution de la pression tarifaire». Le directeur de clinique pointe notamment la politique menée en Suisse: «On n'est pas fier de cette mesure, mais c'est une conséquence de la politique de santé menée en Suisse romande, et maintenant du point de vue fédéral par Alain Berset. Il y a une pression sur la médecine spécialisée qui est très grave.»

Entre 30 et 80 francs par mois

Comme une réduction d'effectifs n'est pas à l'ordre du jour, un des moyens est l'indexation négative des salaires, a jouté Gilles Rufenacht. Toutes les catégories d'employés sont concernées, y compris les cadres. Pour les plus basses rémunérations, la mesure représente 30 francs par mois et 80 francs pour les hauts salaires.

«C'est un cas unique en Suisse à l'heure actuelle à ma connaissance» d'indexation de l'inflation négative, a déclaré mercredi à l'ats Daniel Lampart, économiste en chef de l'Union syndicale suisse (USS). «Il y avait déjà eu des cas au Tessin, suite à l'abolition du taux plancher de l'euro», mais il y avait eu des grèves et on avait pu défendre le niveau des salaires.

Risque d'aller voir ailleurs

«Ce cas risque de rester unique», estime Daniel Lampart. Il est difficile pour une entreprise de communiquer à ses employés de travailler au même niveau ou plus, en gagnant moins. Les travailleurs risquent d'aller voir ailleurs.

«Il y a eu quelques menaces des organisations faîtières mais presque pas de cas concrets, car c'est très dangereux». Cela ne reflète pas par exemple le coût de la vie qui continue d'augmenter, à cause des primes des caisses maladie, précise le syndicaliste. L'USS a réussi par exemple à négocier avec les CFF que la convention collective tienne compte justement de l'évolution du coût de la vie et pas uniquement de l'inflation.

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