Crise au Yémen: Saleh refuse de signer l'accord de transition
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Crise au YémenSaleh refuse de signer l'accord de transition

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh refusait toujours dimanche de signer un accord sur la transition du pouvoir.

M. Saleh avait déjà refusé mercredi à la dernière minute de signer l'accord de transition.

M. Saleh avait déjà refusé mercredi à la dernière minute de signer l'accord de transition.

Le président Saleh a menacé d'une guerre civile alors qu'un médiateur du Golfe a été évacué en hélicoptère de l'ambassade où étaient réunis les négociateurs encerclée par les partisans du régime.

Un manifestant a été tué et un autre blessé sur la route de l'aéroport par des tirs de partisans du président Saleh, qui se sont déployés par centaines dans la capitale, bloquant les principales artères de la ville et faisant craindre le pire aux habitants.

M. Saleh a mis en garde l'opposition contre une «guerre civile», multipliant les conditions pour signer l'accord de sortie de crise élaboré par le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) et prévoyant son départ dans un mois.

Zayani quitte Sanaa

Le secrétaire général du CCG Abdellatif Zayani a quitté dimanche soir Sanaa sans avoir obtenu la signature par le chef de l'Etat de l'accord.

Le médiateur a été évacué par hélicoptère, avec l'ambassadeur des Etats-Unis à Sanaa Gerald Michael Feierstein, de l'ambassade des Emirats arabes unis où ils avaient été encerclés par des centaines de partisans armés du régime yéménite.

Les deux hommes ont assisté au palais présidentiel à la signature par des responsables du parti au pouvoir et de ses alliés - n'engageant pas le président Saleh - de l'accord sur la transition.

L'ambassadeur américain a ensuite regagné, par hélicoptère, l'ambassade des Emirats où il se trouvait toujours en fin de soirée avec ses homologues de Grande-Bretagne, de l'Union européenne et de pays du Golfe, selon une source à la chancellerie émiratie.

Le chef de la diplomatie émiratie, cheikh Abdallah Ben Zayed Al- Nahayane, avait demandé instamment à Sanaa d'assurer la sécurité de l'ambassade et des diplomates qui s'y trouvent.

Rues vides

Les rues de la capitale étaient vides dimanche soir à l'exception des partisans du régime armés. «Nous avons peur, la situation peut tourner à l'anarchie avec les hommes de tribus armés acheminés par le président» à Sanaa, a affirmé un habitant, Nabil Sadek.

A Ryad, les ministres des Affaires étrangères du CCG ont entamé dimanche soir une réunion consacrée à la situation au Yémen. Ils pourraient retirer leur médiation en raison de la position de M. Saleh, selon un responsable du groupement régional qui a requis l'anonymat.

L'opposition, qui avait signé samedi soir l'accord sur la transition en présence de M. Zayani et de diplomates occidentaux, a averti M. Saleh qu'il serait «chassé du pouvoir» sous la pression de la rue s'il ne signait pas l'accord.

Manifestation

Les opposants à M. Saleh ont organisé sur la place du «Changement» la plus grande manifestation qu'ait connue la capitale depuis janvier pour réclamer le départ immédiat du président, selon le correspondant de l'AFP.

Quelque 1,5 million de personnes ont pris part à ce rassemblement, selon des estimations concordantes dans les milieux de l'opposition. Les manifestants ont maintenu leur sit-in en soirée, protégés par les hommes du général Ali Mohsen al-Ahmar, qui a fait défection en mars et s'est rallié aux contestataires.

Le Yémen est secoué par une contestation populaire contre le régime de M. Saleh, au pouvoir depuis près de 33 ans, accusé de népotisme et de corruption. La révolte a coûté la vie à 181 personnes, selon un décompte de l'AFP.

Le plan de sortie de crise, élaboré avec l'aide des Etats-Unis et de l'UE, prévoit la formation par l'opposition d'un gouvernement de réconciliation et la démission un mois plus tard de M. Saleh en échange d'une immunité pour lui-même et pour ses proches, puis une élection présidentielle dans les 60 jours. (ats)

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