Actualisé 05.06.2011 à 07:17

YémenSaleh trouve refuge en Arabie saoudite

Un responsable saoudien a affirmé que le président yéménite venait uniquement se faire soigner et retournerait au Yémen.

Le président contesté Ali Abdallah Saleh, blessé dans un bombardement, a quitté Sanaa, la capitale du Yemen, et est arrivé samedi soir à Ryad.

A Sanaa, une source du palais présidentiel a confirmé son départ mais s'est refusée à toute précision. Selon la Constitution yéménite, le vice-président, Abdel Rabbo Mansour Hadi, doit diriger le pays en l'absence du chef de l'Etat.

Retour annoncé

«Le président Saleh est arrivé à Ryad pour se faire soigner, mais il retournera au Yémen», a déclaré à l'AFP un responsable saoudien qui a requis l'anonymat. M. Saleh, 69 ans, est arrivé à Ryad à bord d'un avion médical saoudien, alors qu'un deuxième avion transportait des membres de sa famille, a encore précisé le responsable saoudien.

Selon lui, M. Saleh s'est immédiatement dirigé vers l'hôpital militaire de la capitale saoudienne. Son fils aîné Ahmad, commandant de la garde républicaine (unité d'élite) et que l'opposition l'accusait de préparer à sa succession avant le declenchement de la contestation populaire, est demeuré au Yémen, a précisé le responsable.

Le premier ministre Ali Moujawar et quatre autres hauts responsables du régime, blessés dans ce bombardement, avaient déjà été transportés en Arabie saoudite pour des soins, selon l'agence officielle yéménite Saba.

Refus

M. Saleh refuse, malgré des manifestations populaires qui se poursuivent depuis quatre mois et les pressions internationales, de quitter le pouvoir qu'il détient depuis près de 33 ans. Il avait notamment refusé de signer un plan élaboré par les monarchies arabes du Golfe, dont l'Arabie saoudite est le chef de file, pour une transition pacifique du pouvoir.

Le président avait été blessé vendredi par la chute d'un obus sur la mosquée du palais présidentiel pendant la prière. Après le bombardement, M. Saleh avait assuré qu'il se portait bien dans un message audio diffusé par la télévision d'Etat.

Sadek al-Ahmar

Selon un responsable proche du président, il aurait été atteint de «brûlures et d'égratignures au visage et à la poitrine» mais son état n'inspire pas l'inquiétude. Le bombardement, attribué par le régime yéménite au puissant chef tribal Sadek al-Ahmar, a fait 11 morts et 124 blessés, selon un responsable gouvernemental.

Les hommes de cheikh Al-Ahmar sont engagés depuis le 23 mai dans des combats violents à Sanaa contre les forces fidèles au chef de l'Etat, qui ont fait des dizaines de morts et marqué un tournant dans le mouvement de contestation populaire, lancé en janvier, et resté jusqu'alors pacifique.

Des heurts ont opposé par intermittence samedi à Sanaa les hommes de cheikh Ahmar aux forces fidèles à M. Saleh. Mais une source proche du chef tribal a fait état d'une médiation du roi Abdallah d'Arabie saoudite et assuré que cheikh Ahmar était prêt à un cessez- le-feu dans ce cadre. (ats)

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