Viol présumé à la matraque: «Salut Théo, tu te rappelles de la matraque?»
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Viol présumé à la matraque«Salut Théo, tu te rappelles de la matraque?»

Victime d'une grave blessure rectale après une arrestation violente en février à Aulnay-sous-Bois, le jeune homme donne de ses nouvelles. Et dénonce les moqueries des policiers de son quartier.

par
joc

Le 2 février dernier, un jeune homme de 22 ans était violemment interpellé à Aulnay-sous-Bois, en région parisienne. A la suite de cet incident, trois gardiens de la paix avaient été mis en examen pour violences volontaires en réunion et le quatrième pour viol. L'agent était en effet soupçonné d'avoir volontairement enfoncé sa matraque dans l'anus de Théo, lui causant une très grave blessure. Près de cinq mois après les faits, Théo s'est confié à RTL et BFM TV.

Le jeune homme avoue avoir du mal à se remettre de ce drame. «On fait le maximum pour rester debout», explique-t-il, ajoutant qu'il est heureux de pouvoir compter sur le soutien psychologique de sa famille et de ses amis. Physiquement, le jeune homme souffre encore beaucoup. Il porte toujours une poche à la suite de la déchirure anale et de la perforation du colon qu'il a endurées. Les médecins ne sont d'ailleurs pas certains qu'il puisse la retirer un jour. «Ça me fait très très mal. Ça me dérange au quotidien», raconte Théo.

«J'ai subi une torture»

Le jeune homme se replonge ensuite dans cette terrible journée du 2 février. Il se souvient qu'au moment où il a senti que les choses tournaient mal, il a cherché à accéder à une zone qu'il savait surveillée par des caméras. Théo pense souvent à l'intense douleur qui l'a «anesthésié» et ne cache pas sa colère: «J'ai subi une torture. C'était de la violence volontaire et il y avait un viol en réunion. Les quatre ont été complices car aucun des policiers n'a dit à son collègue: «Tu vas trop loin». C'est de la torture qui a duré trop longtemps», dénonce-t-il.

Aujourd'hui, Théo en veut encore aux quatre policiers impliqués. Et ses rapports avec la police de son quartier sont loin de s'améliorer: le Français raconte que régulièrement, les agents qu'il croise se moquent de lui ou le narguent avec leur matraque. «Hier encore, j'étais en bas de chez moi, les policiers sont passés en voiture et il y a un policier qui dit: «Salut Théo, tu te rappelles de la matraque?» Il rigole et il s'en va. Ils le font souvent», assure-t-il.

Le jeune homme espère désormais mettre sur pied un projet à destination des jeunes des quartiers, en lien avec le football. «J'aurais pu mourir le 2 février, j'essaie de profiter de mes jours», conclut-il.

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