Actualisé 09.01.2009 à 12:16

Samy Naceri, vedette de cinéma et des prétoires

L'acteur Samy Naceri, placé en garde à vue jeudi soir pour «tentative d'homicide à l'arme blanche», a été propulsé au rang de vedette pour son rôle dans la saga des «Taxi».

Mais le héros des écrans est dans la vie une personnalité complexe, qui multiplie les démêlés avec la justice.

Pour le grand public, Samy Naceri, 47 ans, c'est avant tout le chauffeur chauffard dont le flair et l'humour, les yeux bleus et la cicatrice ont fait le succès des "Taxi", produits par Luc Besson.

Derrière ce personnage à la bonne humeur à toute épreuve se cache un homme décrit comme fragile par ses proches et qui avoue un grave problème de dépendance envers l'alcool.

Né à Paris le 2 juillet 1961, Samy Naceri fait un discret début à l'écran avec Luc Besson en interprétant le membre d'une équipe anti-gang dans «Léon» (1994). Un an plus tard, son rôle de banlieusard teigneux dans «Raï», de Thomas Gilou, le fait connaître au grand public.

Le succès fulgurant de «Taxi», de Gérard Pirès, en 1998, lui apporte la gloire en le faisant sortir des rôles de délinquant. Il lui vaut une nomination au César du meilleur espoir masculin.

Il apparaît en ancien toxicomane dans «Un pur moment de rock'n'roll» (1998), et diversifie sa palette en jouant un intellectuel militant pour l'Algérie dans «Là-bas, mon pays» (1999).

Samy Naceri donne aussi la réplique à Isabelle Adjani dans «La Repentie» de Laetitia Masson en 2002, dans un film plus exigeant avant un retour à la comédie en 2004 avec «Bab El Web», de Merzak Allouache, avec Faudel et Julie Gayet.

La consécration arrive en mai 2006 au Festival de Cannes où il partage le prix d'interprétation collectif aux côtés de Jamel Debbouze, Roschdy Zem, Sami Bouajila et Bernard Blancan, pour son interprétation émouvante d'un soldat de l'armée d'Afrique à la libération de la France, dans «Indigènes» de Rachid Bouchareb.

Samy Naceri ne vient pas chercher son prix et pour cause: la veille, il est impliqué dans une bagarre devant une boîte de nuit cannoise où il s'était présenté ivre et avait été refoulé par les videurs.

Ses démêlés avec la justice lui valent d'être écarté des plateaux de cinéma pendant quelques mois et de céder sa place par exemple à Sagamore Stévenin dans la première version théâtrale en France du roman d'Anthony Burgess, «Orange Mécanique».

Car parallèlement à sa carrière, il multiplie les actes de violence, les conduites sans permis, en état d'ébriété ou les excès de vitesse. Bilan: les condamnations s'accumulent depuis 2000 avec incarcération à la clé.

En décembre 2006, il écope ainsi de six mois de prison ferme pour outrages et injures racistes envers des policiers. En 2007, il est condamné à trois mois de prison ferme pour l'affaire de la discothèque cannoise puis à 10 mois ferme pour avoir agressé un styliste dans un restaurant parisien. En 2008, il écope encore de 6 mois ferme pour avoir renversé une femme policier.

Samy Naceri n'a jamais fait mystère enfin d'avoir des amis "de jeunesse", jamais reniés, dont certains sont présentés par la police comme étant des petits caïds du milieu et influents.

En octobre dernier, l'acteur déclarait qu'il était en train de tout reconstruire après 22 mois de prison. «J'ai pas bu un verre d'alcool. La drogue, je la touche pas. J'ai un fils de 14 ans. Je veux me battre pour mon fils, pour sa mère, pour moi (...), pour faire mon métier».

En 2009, Samy Naceri doit tourner notamment la suite d'«Indigènes» sous la direction de Rachid Bouchareb.

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