Suède: Sanctionner les clients de prostituées est sans effet
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SuèdeSanctionner les clients de prostituées est sans effet

La loi suédoise qui sanctionne les clients de la prostitution n'a pas eu d'effet dissuasif lors de ses quinze années d'existence.

La Suède avait été en 1999 le premier pays au monde à pénaliser les clients, «l'achat de services sexuels» étant puni de six mois d'emprisonnement, et deux ans si la prostituée est mineure, et une amende qui va jusqu'à 7500 couronnes (870 fr.).

Aucune peine de prison ferme n'a jamais été prononcée, et par ailleurs la police se plaint d'un manque de moyens pour confondre les auteurs du délit.

D'après les autorités sanitaires de la région de Stockholm, qui ont enquêté à la demande du gouvernement et publié leur étude vendredi, le délit reste tout aussi fréquent aujourd'hui qu'avant la loi.

«La proportion en Suède des individus ayant acheté des services sexuels est relativement stable dans le temps: environ 7,5% des hommes suédois entre 18 et 65 ans l'ont fait au moins une fois», et «près de 1%» dans l'année, ont souligné les auteurs du rapport.

L'estimation du nombre de personnes s'adonnant à la prostitution est plus difficile. On sait que ces personnes vont de moins en moins chercher leurs clients dans la rue : elles ne seraient plus que 200 à 250 à le faire aujourd'hui contre 650 en 1995, selon cette étude.

Elles sont en revanche nombreuses sur internet, qui en était à ses balbutiements en 1995. Au cours des huit dernières années, le nombre d'offres de prostituées aurait été multiplié par plus de 20, étant estimé aujourd'hui à près de 7000. Mais les prostituées ont rapporté avoir souvent «plusieurs annonces», sur différents sites.

«La prostitution bénéficie d'une publicité plus ouverte que jamais en Suède», mais «par rapport à beaucoup d'autres pays le problème est plus limité ici», conclut l'auteur principal du rapport, Amanda Netscher, spécialiste de la criminalité contre les femmes.

La loi suédoise a été copiée dans deux pays nordiques, la Norvège et l'Islande. En France, l'Assemblée nationale a adopté en décembre 2013 une proposition de loi similaire, mais l'incertitude règne quant à l'issue d'un examen au Sénat prévu les 30 et 31 mars. (afp)

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