Actualisé 03.10.2018 à 21:38

JusticeSanctions pénales: Genève durcit le ton

A Genève, le Ministère public et le Conseil d'Etat ont convenu d'une nouvelle politique commune de lutte contre la criminalité. Ils veulent renforcer l'exécution des sanctions pénales.

Vidéo: WebTV Genève

Parmi les sept axes de la convention signée mercredi à Genève pour renforcer la lutte contre la criminalité figure un renforcement de l'exécution des sanctions pénales.

L'objectif est de s'assurer qu'une sanction prononcée - privative de liberté ou financière - soit purgée, a indiqué devant les médias le procureur général Olivier Jornot. Par exemple, la justice recherche désormais une personne à l'étranger pour qu'elle purge sa peine à Genève. Des moyens doivent aussi être mis pour améliorer le recouvrement des amendes et des contraventions.

En revanche, l'accent mis sur la sécurité de l'espace public, une préoccupation présente depuis la première convention de 2012-2014, disparaît. En cause, une diminution de 50% des vols dits de voie publique entre 2011 et 2017. Par conséquent, la question de la mendicité est désormais intégrée à la lutte contre la traite des êtres humains, dont celle des mineurs étrangers non accompagnés.

Anticiper le Léman Express

Les six autres axes prioritaires de la précédente convention sont, eux, maintenus. «Cela ne signifie pas que la lecture des phénomènes soit la même», a nuancé M. Jornot. Ainsi, la lutte contre les violences intègre à présent les violences gratuites lors d'attroupements festifs mais aussi les violences sexistes, racistes, homophobes ou encore le harcèlement de rue.

Dans ce chapitre, la convention 2018-2020 prévoit également d'anticiper la mise en service du RER régional Léman Express. La dimension transfrontalière de cette infrastructure pose d'importants défis en termes de sécurité, tant au niveau des patrouilles d'intervention qu'en ce qui concerne l'enquête et la poursuite des délits.

Pédagogie sur la route

Introduit en 2016, l'accent sur la sécurité de la mobilité prévoit de renforcer la pédagogie sur la route. «La délinquance des honnêtes gens est de plus en plus intolérable pour la population», a commenté le conseiller d'Etat Mauro Poggia, en charge de la police depuis mi-septembre.

Egalement introduit en 2016, l'axe de lutte contre la délinquance financière prévoit de renforcer la capacité de la police à identifier, détecter et enquêter en collaboration avec l'administration fiscale ou encore les offices des faillites et poursuites. Quant à la lutte contre la cybercriminalité, elle doit tenir compte des évolutions technologiques et législatives.

Plan d'action

Cette convention est la quatrième depuis 2012. La mise en place d'une politique commune de lutte contre la criminalité avait été initiée par le conseiller d'Etat Pierre Maudet, alors nouvel élu à la tête du Département de la sécurité, et le procureur Olivier Jornot. Elle constitue un véritable plan d'action pour l'Etat-major de la police, a relevé ce dernier.

Poursuivi par la justice pour acceptation d'un avantage en lien avec son voyage à Abu Dhabi en 2015, Pierre Maudet n'est provisoirement plus le magistrat de tutelle de la police. Mercredi, son remplaçant Mauro Poggia a admis que cette convention est essentiellement le fruit du travail de son collègue et du procureur général. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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