Lausanne: «Sans argent, on fermera à la fin du mois de mai»
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Lausanne«Sans argent, on fermera à la fin du mois de mai»

L'antenne locale des Cartons du Coeur a lancé un cri d'alarme. La situation inquiète, mais les autorités se veulent rassurantes.

par
Mirko Martino
L'an passé, plus de 1700 lots de nourriture ont été distribués à Lausanne.

L'an passé, plus de 1700 lots de nourriture ont été distribués à Lausanne.

© odile meylan / 24h

«Nous commençons à être fatigués. Fatigués de nous battre dans le vide, de ne pouvoir compter sur personne alors que tout le monde compte sur nous.» Confrontés à des difficultés financières, les Cartons du Coeur de Lausanne ont lancé un appel sur Facebook, vendredi. «Sans argent, on fermera à la fin du mois de mai», se désespère Ellia Meylan, sa responsable.

Loyer du local de l'association, frais de fonctionnement et salaire de la seule employée à mi-temps: la structure a besoin de 65'000 francs par an, mais ses caisses présenteraient actuellement un solde négatif de 3000 francs. «Chaque année, on reçoit moins de dons d'argent et plus de demandes d'aide, note Ellia Meylan. En 2016, nous avons soutenu des familles avec 1728 cartons de nourriture. Il y a désormais des profils qu'on ne voyait pas avant, comme les «working poors», qui travaillent mais qui ne gagnent pas assez pour se payer à manger jusqu'à la fin du mois.»

Du côté des autorités, le problème est connu. «Une rencontre est prévue, indique Oscar Tosato, municipal chargé de la cohésion sociale. Nous clarifierons certains points, comme les bénéficiaires de ces cartons. Si ce sont des gens qui touchent le revenu d'insertion, c'est qu'il y a un problème, car ils reçoivent déjà le minimum vital pour acheter leur nourriture.» En 2014, la Ville avait fait un don de 10'000 francs à l'association. «Il ne devrait donc pas y avoir péril en la demeure pour 5'000 francs, rassure l'élu socialiste. Au travers de diverses structures, Lausanne investit plus d'un demi-million par an dans l'aide alimentaire.»

Certaines régions s'en sortent mieux

«La Riviera et la Côte ont un peu moins de soucis, grâce au soutien des entreprises locales», note Fabien Junod, de la Fédération vaudoise des Cartons du Coeur. «Dans le canton de Genève, il y a une hausse fulgurante des bénéficiaires et des besoins, constate Anne-Lise Thomas, des Colis du Coeur. Nous fonctionnons surtout grâce aux dons privés. Sur un budget annuel de 500'000 francs, nous ne recevons que 20'600 francs de subventions.»

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