Seuil de la pauvreté - «Sans Facebook, je n’aurais rien pu offrir à mon fils pour son anniversaire»
Publié

Seuil de la pauvreté«Sans Facebook, je n’aurais rien pu offrir à mon fils pour son anniversaire»

Un groupe Facebook soutient les personnes pour lesquelles l’argent gagné ne suffit souvent même pas à se nourrir. Une personne concernée raconte comment elle et ses enfants ont été aidés.

par
Deborah Gonzalez
1 / 7
Jacqueline B. est une mère célibataire qui a du mal à joindre les deux bouts et doit souvent compter sur une aide extérieure.

Jacqueline B. est une mère célibataire qui a du mal à joindre les deux bouts et doit souvent compter sur une aide extérieure.

Avec trois autres bénévoles, Mara Silvestri a fondé le groupe d’entraide sur Facebook.

Avec trois autres bénévoles, Mara Silvestri a fondé le groupe dentraide sur Facebook.

Souvent, les membres du groupe Facebook n’ont pas assez d’argent pour acheter de la nourriture. Puis quelqu’un en achète.

Souvent, les membres du groupe Facebook nont pas assez dargent pour acheter de la nourriture. Puis quelquun en achète.

«Je ne peux pas payer mes factures», «j’aurais besoin de lait et de pain pour le souper» ou «l’anniversaire de mon fils approche et je nai pas dargent pour les cadeaux»: des commentaires comme ceux-ci sont nombreux sur le groupe Facebook «Hilfe mit Herz für Menschen in Not Schweiz». Au total, 7720 membres y ont cherché ou proposé leur aide depuis 2017.

Avec une collègue, la Thurgovienne Mara Silvestri a créé ce groupe pour aider les autres. «En Suisse aussi, il y a beaucoup de gens qui ne vont pas bien, qui vivent tout juste au seuil de pauvreté ou même en dessous. Nous voulons quils soient mieux lotis», déclare la femme de 39 ans. Quil sagisse de nourriture ou de dons en nature, tout ce dont vous avez besoin pour vivre peut être demandé au groupe.

«J’ai encore un bon de 100 francs pour les courses», ou «mes enfants sont devenus trop grands pour leurs vêtements, quelquun en veut?» sont quelques-uns des commentaires que les aides postent dans le groupe. Environ la moitié des membres sont des personnes qui offrent du soutien. «Il y a une très grande solidarité. Les gens ont besoin dune aide urgente et le groupe nhésite pas à mettre la main à la pâte, cest formidable», déclare Mara Silvestri.

De l’aide a déjà été offerte 10’376 fois

Jacqueline B.* est une personne que le groupe Facebook a pu aider à plusieurs reprises. Cette Argovienne est femme au foyer et mère célibataire. Elle doit compter sur les autres, car largent se fait rare à la fin du mois. Elle est membre depuis 2017, et selon ses propres informations, elle a fait appel à laide plus de dix fois. «Le mois dernier, jai vu quelquun proposer un bon dachat de 100 francs. Cela ma été utile car cétait lanniversaire de mon fils et je n’avais plus dargent pour les cadeaux ou quoi que ce soit», raconte cette femme de 44 ans.

Les membres du groupe apportent de l’aide au quotidien, mais pour se faire intégrer, il faut montrer patte blanche, comme l’explique l’administratrice du groupe: «Les membres sont sélectionnés au préalable, il faut répondre à certaines questions. Quelle est leur situation actuelle, que font-ils pour vivre?» Une démarche rendue nécessaire par la présence de rares profiteurs. Néanmoins, les expériences positives l’emportent largement sur les négatives, explique Mara Silvestri. Rien que lannée dernière, le groupe, qui compte, outre notre interlocutrice, trois autres administrateurs et quatre modérateurs, a pu apporter son aide à 10’376 reprises. Depuis janvier de cette année, il y aurait déjà eu 3768 assistances. Mara Silvestri peut donner un chiffre exact pour le mois davril: «À la mi-avril, en plus des dons en nature, 3200 francs en argent ont été donnés.»

«Très souvent, le groupe était la dernière branche à laquelle je pouvais m’accrocher»

Jacqueline fait partie des chanceux qui ont reçu une aide en avril. Pourtant, elle nest pas tellement du genre à demander activement de laide, mais quand elle voit quelque chose, elle tente sa chance, souligne-t-elle: «J’ai eu de la chance et jai gagné le bon dachat. Sans ces 100 francs, lanniversaire serait tombé à l’eau.» La dernière facture du vétérinaire était trop élevée, dit-elle, et les économies de la famille étaient épuisées. Largent manquait à chaque fois. «En fait, avec mes trois enfants et mes trois chats, je suis dépendante dune aide tous les mois. Dune manière ou dune autre, tu essaies de te débrouiller pour y arriver. Mais très souvent, le groupe est aussi ma dernière chance de maccrocher. Vous espérez et priez pour obtenir de l’aide, cest tout ce que vous pouvez faire», confie-t-elle.

Mara Silvestri est heureuse de pouvoir aider dautres personnes grâce à son groupe. Même si cela implique beaucoup de travail, cette mère de trois enfants dit consacrer jusquà quatre heures par jour au groupe Facebook. «C’est plus de travail que vous ne le pensez. Cela va de la réponse aux questions à la discussion sur les coûts en passant par les conseils sur le budget», dit-elle. Mais le travail est payant pour la Thurgovienne: «Pour moi, voir les gens sourire et savoir quils oublient leurs soucis, au moins pour un court instant, me suffisent amplement.»

«Le groupe Facebook aide matériellement et psychologiquement»

Jacqueline dit que le groupe lui fait du bien parce quelle a trouvé des personnes partageant les mêmes idées. «Le groupe ne maide pas seulement sur le plan matériel, mais aussi sur le plan psychologique.» Selon lArgovienne, cest une question de donnant-donnant. Ainsi, elle y donne également les vêtements qui sont devenus trop petits pour ses enfants.

Mara Silvestri et Jacqueline sont daccord sur un point: «C’est agréable de voir quil y a encore des gens qui sentraident sans aucun préjugé ni reproche.»

«LA JOURNÉE DE LA BONNE ACTION» EST UNE INITIATIVE DE COOP SUISSE

«LA JOURNÉE DE LA BONNE ACTION» EST UNE INITIATIVE DE COOP SUISSE

Faire le bien et inspirer les autres!

C’est sous ce slogan que nous allons agir pour la bonne cause à l’occasion du 29 mai, «Journée de la bonne action». Engage-toi seul, avec ta famille, ton équipe de sport ou ton organisation de bienfaisance et partage ton expérience sur Instagram, TikTok, Facebook ou Twitter par le biais du hashtag #JourneeDeLaBonneAction! Retrouve tous les contenus publiés tout comme des informations supplémentaires sur la «Journée de la bonne action» en cliquant sur ce lien.

Ton opinion