Actualisé 19.01.2019 à 11:14

Manif étudiante pour le climat«Sans grève, on ne nous aurait même pas calculés»

Des milliers d'étudiants sont descendus dans la rue en Suisse romande pour exiger des mesures contre le changement climatique. Une conseillère d'Etat vaudoise propose une rencontre.

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Pauline Rumpf/Maria Pineiro

«On est sauvés, les politiciens sont des plantes vertes», ironise une gymnasienne avec sa pancarte. Dans les rues envahies par quelque 8000 étudiants, apprentis et écoliers vaudois en grève, l'humour se mélange aux revendications sur les innombrables banderoles de ces jeunes: «Les calottes sont cuites», «Winter is not coming», «Les dinos aussi pensaient avoir le temps», ou encore «Arrêtons de niquer notre ère».

«On fait la grève parce que les politiciens ne prennent pas les mesures nécessaires», explique Zélie, 18 ans, gymnasienne à Renens. «On perçoit l'urgence de la situation, et on se dit que ça ne sert à rien d'étudier si personne n'écoute les gens formés, comme les scientifiques qui nous alertent sur le réchauffement climatique», ajoute Lou, 17 ans, «On est les premiers concernés, on sera là après nos parents», rappelle Mélina, 14 ans.

«Plus de maturité que certains adultes»

Les passants curieux venus voir défiler l'impressionnant cortège sont unanimes. «C'est bien, ils s'impliquent, ça fait plaisir à voir», commente par exemple une vendeuse devant son magasin. «C'est fou, ils montrent plus de maturité que certains adultes», rigole le client d'un restaurant. Par voie de presse, le Prix Nobel vaudois Jacques Dubochet a lui aussi soutenu le mouvement dans le «Journal de Morges».

Du côté politique, la conseillère d'Etat Cesla Amarelle a annoncé sur Facebook qu'elle invitait les jeunes à envoyer une délégation pour la rencontrer, afin de discuter de mesures à prendre dans le domaine de la formation. «Sans grève, elle ne nous aurait même pas calculés, c'est la preuve que c'était nécessaire», réagit une élève. Plusieurs élus ont par ailleurs partagé leur soutien au mouvement sur les réseaux sociaux.

Mobilisation moindre à Genève

A Genève, le rendez-vous avait été donné à 14h à la place Neuve. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il a été honoré, puisque 4000 élèves du secondaire, cycle et postobligatoire, s'y sont rendus. Le cortège, calicots et banderoles de toutes tailles et couleurs, est parti à 14h30, dans une ambiance joyeuse et à un rythme soutenu pour rejoindre deux heures plus tard la place des Nations.

Aux avant-postes, de jeunes skateurs enchaînaient des figures sur l'asphalte libéré par la police, derrière, le défilé s'ouvrait sur de larges banderoles. Dans les rangs, certains slogans connus, comme «On est plus chauds que le climat» ou «Et un, et deux et trois degrés», côtoient des messages plus originaux: «Le climat c'est comme la bière, c'est pas bon quand ça se réchauffe!»

Le cortège s'est ensuite engouffré dans les rues basses avant de traverser le point des Bergues en rang d'oignon et d'être accueilli par un petit vent glacial au bord du lac. Ce n'est pas cette petite contrariété qui a refroidi les élèves, ils ont improvisé quelques sit-in et répondu aux nombreux médias présents dans un joyeux capharnaüm.

Nous sommes prêts à faire des efforts

Le message qu'ils voulaient faire faire passer, c'est celui de l'urgence d'agir. La plupart ont suivi de près ou de loin les péripéties de la loi sur le CO2 et s'offusquent de voir les politiques «ne rien faire». Ils estiment important de faire «entendre leur voix et de montrer, dit Aline, que les jeunes se mobilisent pour le climat. Que nous sommes prêts à faire des efforts pour réduire notre impact environnemental». Pour Sara, les choses sont claires, il faut «consommer moins, mais mieux».

Le cortège a rallié la place des Nations sans encombre selon la police, aux alentours de 17h.

Des grèves dans de nombreuses villes

Outre Lausanne et Genève, la manifestation a eu lieu dans une quinzaine de villes de Suisse ce vendredi. A Fribourg, les jeunes étaient près d'un millier à défiler derrière une banderole indiquant: «Chers politiques, nous serions à l'école si vous faisiez votre travail». Les jeunes ont également défilé à Sion (300 personnes), Neuchâtel, ou encore Bienne. Cette semaine, des «grèves du climat» ont aussi lieu ailleurs en Europe, comme en Belgique où 12'500 étudiants sont descendus dans les rues de Bruxelles.

Un millier d'étudiants fribourgeois en grève

Des milliers d'étudiants sont descendus dans la rue en Suisse romande pour exiger des mesures contre le changement climatique.

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