Alimentation: Sans importations, il n’y aurait plus rien à manger en Suisse dès ce samedi

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AlimentationSans importations, il n’y aurait plus rien à manger en Suisse dès ce samedi

L’Union suisse des paysans indique que ce samedi représente le «Food Overshoot Day».

La production locale ne pourrait pas nourrir tout le pays, et de loin.

La production locale ne pourrait pas nourrir tout le pays, et de loin.

20min/Celia Nogler

Sur une année, 48% des denrées alimentaires consommées en Suisse sont produites à l’étranger. Théoriquement, donc, dès ce samedi, «la Suisse ne mange plus qu’à l’étranger», comme le note l’Union suisse des paysans (USP) dans un communiqué. Le «Food Overshoot Day» (lire encadré) tombe cette année le 2 juillet. «D’un point de vue statistique, l’auto-approvisionnement de la Suisse prendra donc fin ce samedi», dit l’USP.

L’USP déplore le fait que les importations de l’étranger ont évidemment un impact sur l’environnement et le climat. «La production alimentaire présente un impact écologique plus important à l’étranger qu’en Suisse. Il ressort d’ailleurs du rapport de l’Office fédéral de l’environnement que 75% de l’empreinte écologique liée à la consommation en Suisse est générée à l’étranger», dit l’USP.

Produire plus en Suisse

Les incertitudes sont d’ailleurs grandes quant à l’approvisionnement depuis l’étranger, comme le montrent tous les problèmes d’importation et exportation, par exemple les céréales produites en Ukraine. Diminution des surfaces agricoles mondiales, raréfaction de l’eau et croissance démographique sont autant d’autres défis à relever.

L’objectif serait donc d’améliorer la production en Suisse. «Une production alimentaire indigène forte est importante non seulement pour la sécurité alimentaire, mais aussi pour des raisons environnementales globales», ajoute l’Union.

C’est justement une des ambitions communiquées par le Conseil fédéral la semaine dernière. Guy Parmelin a présenté la stratégie agricole PA22+. L’un des buts, outre d’être plus écolo, est d’augmenter la production suisse de moitié d’ici 2050. L’USP avait jugé que la stratégie présentait des approches «louables».

Journées du dépassement

Plusieurs associations ou groupes militants utilisent le calcul des «journées de dépassement», qui sont des dates théoriques. On a par exemple le «Overshoot Day» (tout court) qui indique quand un pays vit «à crédit» en ce qui concerne les ressources naturelles. Le Jour J indique que le pays a épuisé tout ce que la terre peut supporter. La Suisse l’a dépassé le 13 mai en 2022. Les féministes utilisent aussi une telle date pour illustrer les égalités salariales. En 2021, elles disaient «travailler gratuitement» dès le 2 novembre et jusqu’à la fin de l’année. Et ça fonctionne aussi avec les heures: le 14 juin, elles disaient travailler sans salaire dès 15 h 19 et jusqu’à la fin de la journée.

Les dates sont des messages politiques puisque, bien entendu, à partir de ce samedi, il y aura toujours des fruits et légumes suisses dans les rayons; dès le 13 mai, la Suisse ne s’est pas effondrée d’un point de vue écologique; et dès le 2 novembre dernier, les femmes n’ont pas vu leur fiche de salaire passer à 0 jusqu’à la fin de l’année.

(ywe)

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