Pour Danilo Plessow, pas de techno sans jazz
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Danilo Plessow au festival Polaris«Sans le jazz, il n’y aurait pas de techno»

Le festival électronique se jouera dès le 26 novembre 2021 à Verbier (VS). Interview de Danilo Plessow, impressionnant lors de la version estivale du Polaris.

par
Fabien Eckert
Danilo Plessow, ici aux platines du Solaris en juillet 2021.

Danilo Plessow, ici aux platines du Solaris en juillet 2021.

Danaktiv

Après un arrêt forcé en 2020, le Polaris reprend ses droits cette année. Dans une version toutefois plus modeste, sur la terrasse de l’hôtel Le Chalet d’Adrien, les 26 et 27 novembre ainsi que les 3 et 4 décembre 2021 à Verbier (VS). Palms Trax, Jayda G, Moodymann, Gerd Janson ou Louie Vega sont à l’affiche. Tout comme le trentenaire allemand Danilo Plessow, à voir le 3 décembre 2021, qui avait déjà joué à Solaris, version estivale du festival, où il avait marqué les esprits.

Vous avez commencé dans la musique enfant par le jazz. Peut-on retrouver des influences jazz dans ce que vous faites aujourd’hui?

Le jazz et le blues sont le cœur de tout pour moi. C’est comme un grand arbre sur lequel grandissent plusieurs branches qui forment toute la musique moderne. C’est important de se souvenir que sans le jazz, il n’y aurait pas de techno par exemple. Tu trouves donc partout des vestiges jazz.

Dès vos 14 ans, vous avez produit de la musique électronique. Pourquoi avoir choisi cette voie et pas une autre comme le rock par exemple?

J’étais batteur dans la fanfare de mon école. Je suivais donc un chemin plus «droit». Dès le moment où j’ai eu entre mes mains mon premier séquenceur numérique, j’ai passé tout mon temps dessus à essayer de mélanger des bouts de musique. Au début, c’était surtout du hip-hop, puis du BrokenBeats et enfin de la techno.

Vous nous avez bluffés durant l’été 2021 au Solaris en jouant avant Carl Craig. Quel était votre sentiment à l’idée d’ouvrir pour cette légende de Détroit, en sachant que la musique de Détroit vous a influencé?

Merci, c’est sympa! Jamais dans mes rêves les plus fous j’aurais imaginé qu’un jour je me produirais aux côtés de mes héros. La musique de Carl, spécialement celle de ses débuts, m’a énormément influencé quand j’ai commencé ma carrière à la fin des années 1990. C’était dingue de partager les platines avec lui. J’ai terminé mon set ce jour-là avec quelques classiques assez méconnus de Détroit pour lui préparer le terrain. Le public a semblé apprécier!

Danilo et Carl Craig à Verbier en juillet 2021.

Danilo et Carl Craig à Verbier en juillet 2021.

Danaktiv

D’autant plus que vous êtes réputé pour passer une musique assez rétro. D’où vient votre amour pour la house, le funk ou la soul des eighties?

J’aime toutes les sortes de musiques, tous les styles, toutes les époques. C’est important de ne pas trop catégoriser les choses. Cela étant dit, ce qui m’attire le plus dans la musique des années 1980 est la qualité du son et la créativité des gens de cette époque. On bossait dans des studios qui valaient des millions de dollars, au moment où la technologie digitale, qui balbutiait, rencontrait l’art de l’enregistrement analogique. Raison pour laquelle beaucoup d’albums produits à cette époque sonnent encore aujourd’hui incroyablement bien.

On vous présente comme l’un des meilleurs diggers de votre génération. C’est quoi le digging pour vous?

Ça veut dire que tu vas au marché aux puces dès 6 heures du matin, quatre ou cinq fois par mois. Ça veut dire que même après avoir passé en revue 10’000 disques dans un entrepôt, tu n’es toujours pas fatigué. Tu en oublies même de manger ou de dormir. Le digging, ce n’est pas aller dans un magasin où on t’a prémâché le travail avec une sélection. C’est un dur labeur, une discipline et des heures interminables à chasser le bon disque. Certains poussent ça à l’extrême, ce n’est plus mon cas. J’ai ralenti ces dernières années parce qu’internet prend de plus en plus le dessus et les bonnes affaires deviennent de plus en plus rares.

Deux mots sur le fait de jouer au Polaris, dans les Alpes suisses?

Le décor est vraiment beau. J’étais surpris lors du Solaris de voir l’ouverture et la culture musicale du public. Je me réjouis donc d’autant plus!

Un rituel avant de monter sur scène?

Oui. Je fais toujours ce que j’appelle ma «disco sieste». J’essaie toujours de dormir une heure avant un set. J’essaie aussi le matin de faire du sport. Avec un décor tel que celui de Verbier, j’ai hâte d’aller courir et de respirer le bon air frais.

Des DJ à l’affiche dans le jeu «GTA V»

L’Américain Moodymann et l’Allemand Palms Trax ont droit à leur personnage dans le jeudi vidéo.

L’Américain Moodymann et l’Allemand Palms Trax ont droit à leur personnage dans le jeudi vidéo.

Rockstar Games

L’histoire est assez cocasse. Deux DJ à l’affiche du Polaris, Moodymann et Palms Trax, apparaissent dans le très populaire jeu «GTA V». Le premier est carrément un des personnages. Il a également préparé spécialement un set avec des inédits qu’on peut entendre lors d’une partie. Tout comme Palms Trax. Son set conçu pour «GTA V» est à retrouver ici. Par le passé, d’autres DJ ont eu les honneurs de la franchise phare de Rockstar Games. On pense notamment à Solomun, Dixon, The Blessed Madonna ou encore Tale of Us.

Reportage lors du Solaris en juillet 2021.

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