Actualisé 01.12.2017 à 15:40

Tennis«Sans mon physio, je pense que j'aurais arrêté»

Blessé depuis l'été, le Vaudois a repris l'entraînement il y a quelques semaines. Il était de passage vendredi à Genève pour évoquer son retour sur le circuit ATP et les souffrances qui l'accompagnent.

de
Robin Carrel, Bellevue

Le Vaudois a vécu des moments difficiles ces dernières semaines.

Opéré deux fois au genou gauche à la suite du dernier tournoi de Wimbledon, celui qui est encore No 9 aujourd'hui dans la hiérarchie mondiale est passé par pas mal d'états d'âme ces derniers mois. Il est resté éloigné du circuit comme jamais il ne l'avait été auparavant et a vu son coach Magnus Norman mettre fin à leur fructueuse collaboration. Autant dire que Stanislas Wawrinka n'a pas eu la vie facile. Mais son retour sur les courts se précise, avec l'Open d'Australie dans le viseur, qui débute à la mi-janvier.

«Cela faisait une année, depuis la fin de l'US Open 2016, puis à Bâle ensuite, que j'avais connu des problèmes au genou. Ensuite, il y a eu des hauts et des bas, avant le point de non retour à Londres, a avoué le Suisse en conférence de presse dans un Country Club de Genève blanchi par la neige tombée en masse vendredi matin. J'avais des problèmes au cartilage du genou gauche et il a d'abord fallu une arthroscopie pour faire un bilan, puis une deuxième opération pour le reconstruire, car il y a avait un trou...»

«Jamais autant souffert»

Le Vaudois est alors passé par pas mal de sentiments et rarement des positifs: «C'était très difficile et très lourd. Huit semaines sur des béquilles! J'ai eu le temps de perdre tout ce que j'avais comme muscles... Et depuis le mois d'octobre, j'ai pu reprendre la rééducation et la physiothérapie, mais tout depuis zéro. C'est clair, c'était la période la plus difficile de ma carrière. Au niveau des entraînements, je n'avais jamais autant souffert. Sans mon physio Pierre Paganini, je pense que j'aurais arrêté. J'avais besoin de quelqu'un qui me connaisse parfaitement, qui sache comment me remettre en forme.»

Le but: être de retour à un niveau acceptable à la fin du mois de décembre pour une exhibition à Abou Dabi. Ensuite, il conviendra d'être pleinement opérationnel pour se mesurer en cinq sets à ce qui se fait de mieux sur la planète de la petite balle jaune. «Le plan qu'on a fait avec le médecin, c'est de jouer l'Open d'Australie, a-t-il confirmé. D'ici au mois de janvier, ça me laisse encore pas mal de semaines pour travailler sur tout ce qu'il me manque. Pour l'instant, tout a évolué dans le bon sens.»

A la recherche d'un coach

Autre douleur subie cet automne: le départ de son coach Magnus Norman. L'homme qui l'a conduit vers les plus grands honneurs. Celui qui a aidé «Stan the Man» à toucher au Graal de tous joueurs de tennis, les succès en Grands Chelems. «Ca a été une surprise, un choc. La décision en elle-même et le timing de celle-ci. Pour moi, c'était une grosse déception qu'il arrête ainsi au pire moment de ma carrière», a regretté le Suisse, qui sera suivi l'année prochaine par Yannick Fattebert et qui cherche activement un autre coach pour l'accompagner et lui permettre de progresser encore. «Je cherche, je regarde...», a-t-il concédé.

Reste que passer de si longs mois loin de son instrument de travail a été une épreuve peu commune pour Wawrinka. «Il y a toujours quelque chose à apprendre, a-t-il soufflé. J'ai eu le temps de bien réfléchir sur ma carrière et à propos de tout ce qu'il se passe autour de moi...Voir où j'en suis, qui je veux dans mon entourage. Quand on est blessé, avoir seulement les proches de présents est très important. Un sportif ne peut pas être heureux pendant de tels instants. J'avais tellement poussé mentalement et physiquement ces dernières années, que je n'étais pas loin du 'cassage'. Ces mois hors du circuit m'ont permis de reprendre de l'oxygène pour les trois ou quatre prochaines années.»

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