Vaud: Sans note, la motivation en classe est en chute libre
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VaudSans note, la motivation en classe est en chute libre

Profs et élèves sont unanimes: la remise en selle est délicate dans les écoles, surtout en secondaire.

par
Francesco Brienza
A l’école secondaire, la motivation fait défaut chez de nombreux élèves.
A l’école secondaire, la motivation fait défaut chez de nombreux élèves.

A l’école secondaire, la motivation fait défaut chez de nombreux élèves.

Keystone

Servir de «bouche-trou»: c’est la désagréable impression de nombreux enseignants et élèves vaudois, deux semaines après la reprise des cours présentiels à l’école obligatoire. La question du sens de ce retour en classe est omniprésente, en particulier en 11e et dernière année. La faute à l’absence de toute épreuve d’évaluation notée. «Moi, pour que je travaille, il faut qu’il y ait un test, avoue sans détour Anna*, écolière de 11e dans le Nord vaudois. Là, on est en mode détente, sans pression. Selon la branche, le rythme varie beaucoup. L'absence de note n’est pas très motivante, mais travailler par demi-classe offre un côté plus efficace.» Dans le corps enseignant règne également une certaine résignation. «Il ne faut pas se leurrer, on fait du gardiennage pour que les parents puissent aller travailler et participer à la reprise économique, image Denis*, enseignant dans la Broye. Cela a peut-être du sens en primaire, mais en secondaire, ils peuvent rester seuls à la maison…»

Problèmes de discipline

Président de la Société vaudoise des maîtres-sse-s secondaires, Gilles Pierrehumbert confirme que cet état d’esprit est répandu. «Les élèves motivés à travailler sont peu nombreux, même en voie pré-gymnasiale, déplore-t-il. Sans note et avec leur certificat en poche, certains ne font plus rien et se laissent aller, ce qui génère des problèmes de discipline.» Le syndicaliste regrette que les autorités n’aient pas tenu compte de ce risque, et craint que les mêmes observations soient faites dans les écoles post-obligatoires le 8 juin prochain.

L’expérience est toutefois jugée intéressante, car elle met en avant le rapport au savoir des élèves. «Notre système ne semble pas assez développer cet aspect chez les enfants, reprend Denis. Or, avec les beaux jours, faire des cours dehors ou des projets de classe autour de la coopération permet justement de renforcer le lien entre l‘enseignant et l’élève. C’est très important pour qu‘il accroche à son apprentissage.»

Le lien social comme premier objectif

Contacté, le Département vaudois de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC) rappelle d’ailleurs que les objectifs pédagogiques de ces quelques semaines sont dans un premier temps de recréer du lien social, de reprendre la relation essentielle avec l’enseignant en salle de classe, et ensuite seulement de consolider les apprentissages de l’année écoulée en vue de préparer au mieux la rentrée 2020-2021. «Il existe de nombreuses solutions pour motiver ou intéresser des élèves, note Julien Schekter, porte-parole du DFJC. Les enseignants font un travail remarquable depuis le début de cette crise. Nous avons une entière confiance dans leurs compétences professionnelles.»

*Prénoms d’emprunt

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