Actualisé 01.04.2020 à 07:13

Tri des déchets

«Sans papier recyclé, on pourrait manquer de PQ»

Les recommandations de l'Office de l'environnement n'étant pas claires, de nombreux Suisses ont renoncé au tri des déchets. C'est une erreur.

de
Xavier Fernandez
D.Fuchs/BZ

«Il convient de se rendre à la déchetterie uniquement en cas de stricte nécessité. Les déchets non périssables ou propres doivent être entreposés à la maison.» Ces deux phrases, tirées des recommandations de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) et relayées par les Cantons, ont provoqué beaucoup d'incompréhension au sein de la population.

«D'ici à la fin du confinement, je ne pourrai plus sortir sur mon balcon, à force d'y entasser le carton, le verre et le PET», sourit un Veveysan. Et une Lausannoise d'ajouter: «Je ne visualise pas vraiment ce que sont les déchets propres. Du coup, je jette tout dans la poubelle et c'est réglé.» «Mais qu'est-ce que la stricte nécessité, dans le contexte actuel?» s'interroge un Fribourgeois.

En réalité, ce que voulait l'OFEV, c'est uniquement limiter les déplacements à la déchetterie ou l'écopoint le plus proche. «La stricte nécessité se définit en fonction des situations individuelles. Il est évident que ceux qui vivent dans un petit appartement disposent de moins d'espace de stockage pour les déchets collectés séparément et que ces ménages doivent se rendre plus fréquemment sur les lieux de collecte que les personnes vivant dans un grand appartement ou dans une maison individuelle.»

La boucle du recyclage est en péril

A l'exception des personnes malades, il faut donc continuer le tri sélectif et, surtout, continuer d'alimenter «la boucle du recyclage», comme l'explique David Crettenand, président de l'Association des Transporteurs et Recycleurs de déchets du Valais Romand et du Chablais. «L'exemple des vieux papiers et cartons est le plus flagrant. S'ils ne sont plus acheminés vers les usines papetières qui en dépendent à plus de 90%, les stocks seront vite épuisés. Et pourtant, en cette période de crise sanitaire, elles sont plus importantes que jamais. Car ce sont ces usines qui produisent notamment les papiers d'hygiène, tels que mouchoirs, papier toilette, ou essuie-mains ainsi que les papiers spéciaux pour, entre autres, les masques ou les notices de médicaments.»

Autrement dit, «sans papier recyclé, on pourrait manquer de PQ. Et Dieu sait que ça a l'air de tenir à coeur aux consommateurs d'en avoir en réserve», ironise David Crettenand, en référence aux rayons dévalisés par les clients au début de la pandémie. Et ce dernier de relever que les quantités de papier recueillies ont déjà fortement diminué. «Rien qu'avec la fermeture de la plupart des entreprises, on a senti une grosse baisse. Si les gens arrêtent eux aussi de recycler, on court à la catastrophe», prévient-il.

Déchetteries à géométrie variable

Dans ses recommandations, l'OFEV demande que les déchetteries restent ouvertes, tout en respectant les consignes de l'OFSP (5 personnes au maximum, distance sociale, etc.) Certaines ont malgré tout fermé, d'autres ont réduit leurs horaires, alors que d'autres encore les ont étendus. «La Confédération n'a pas la compétence pour décider de l'ouverture ou de la fermeture de ces installations. Cette décision appartient aux cantons, aux communes ou aux entreprises, qui font une pesée d'intérêts entre le maintien du service public et la protection de la santé du personnel et des visiteurs», explique l'OFEV.

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