Actualisé 20.02.2016 à 08:20

SyrieSans trêve, les raids continuent

Une résolution russe au Conseil de sécurité de l'ONU a été repoussée, et sans cessez-le-feu, les bombardements ne s'arrêtent pas.

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Les présidents russe Vladimir Poutine et américain Barack Obama se sont déclarés prêts, lors d'une conversation téléphonique, «à intensifier la coordination» militaire entre les deux pays en Syrie, a annoncé le Kremlin. (Mercredi 6 juillet 2016)

Les présidents russe Vladimir Poutine et américain Barack Obama se sont déclarés prêts, lors d'une conversation téléphonique, «à intensifier la coordination» militaire entre les deux pays en Syrie, a annoncé le Kremlin. (Mercredi 6 juillet 2016)

Keystone
Pour la première fois depuis 2012, un convoi humanitaire, composé de 37 camions, est parvenu à ravitailler les villes de Zamalka et Erbine dans les environs de Damas en Syrie.

Pour la première fois depuis 2012, un convoi humanitaire, composé de 37 camions, est parvenu à ravitailler les villes de Zamalka et Erbine dans les environs de Damas en Syrie.

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Des rebelles syriens ont progressé en direction d'une importante ville frontalière avec l'Irak. Ils se sont emparés d'une petite base aérienne tenue par l'Etat islamique (EI). (Image d'illustration, 13 mars 2014)

Des rebelles syriens ont progressé en direction d'une importante ville frontalière avec l'Irak. Ils se sont emparés d'une petite base aérienne tenue par l'Etat islamique (EI). (Image d'illustration, 13 mars 2014)

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Les combats et les bombardements ne montraient aucun signe de répit dans le nord la Syrie vendredi. Le cessez-le-feu, réclamé par les Etats-Unis et la Russie il y a une semaine, aurait pourtant dû entrer en vigueur. Même les prochaines négociations envisagées le 25 février deviennent de moins en moins probables.

Alors que le conflit syrien entre dans sa sixième année, les espoirs de paix apparaissent plus minces que jamais, comme l'a reconnu l'émissaire de l'ONU, Staffan de Mistura. Il a déclaré que la date de jeudi prochain envisagée pour la reprise des négociations à Genève entre régime et opposition n'était pas réaliste.

«Je ne peux pas de façon réaliste convoquer de nouvelles discussions à Genève jeudi prochain. Mais nous avons l'intention de le faire bientôt», a confié Staffan de Mistura au quotidien suédois Svenska Dagbladet.

Besoin de 10 jours

«Nous avons besoin de dix jours pour nous préparer et envoyer les invitations. Le dialogue (...) peut être couronné de succès si l'aide humanitaire se poursuit et si nous obtenons un cessez-le-feu.»

Sur le terrain, les forces kurdes poursuivent leur progression dans le nord du pays. Elles ont avancé face à l'Etat islamique (EI) dans la province de Hassaké, bénéficiant de l'appui aérien de la coalition internationale menée par les Etats-Unis.

Dans le même temps, la Turquie a étendu ses bombardements à plusieurs secteurs de la province d'Alep contrôlés par les forces kurdes syriennes. Elle les accuse notamment d'être derrière l'attentat meurtrier de mercredi à Ankara.

Violents bombardements

«Il s'agit des plus violents bombardements» depuis le début de la campagne militaire turque contre les Kurdes dans cette région, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Le bruit des armes devait pourtant cesser vendredi conformément à l'appel lancé jeudi passé par le Groupe international de soutien à la Syrie (ISSG). L'organisation rassemble 17 pays, dont les Etats-Unis et la Russie.

La cellule sur cette trêve décidée la semaine passée à Munich ne s'est pas encore réunie comme c'était prévu vendredi à Genève, même si des rencontres préparatoires ont été menées par la Russie et les Etats-Unis. Quant aux négociations entre le régime et l'opposition, elles sont au point mort. Elles ont été suspendues le 3 février.

Rejet d'une résolution russe à l'ONU

Inquiète des projets de la Turquie d'envoyer des troupes en Syrie, la Russie a convoqué une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU. Dans la soirée, la France et plusieurs autres pays membres (Etats-Unis, Royaume-Uni, Nouvelle-Zélande, Espagne) ont rejeté un projet de résolution russe visant à faire cesser les opérations militaires de la Turquie en Syrie, selon des diplomates.

Trois de ces pays ayant droit de veto, le texte n'a quasiment aucune chance d'être adopté. L'ambassadeur français François Delattre a accusé Moscou de provoquer une «dangereuse escalade» en soutenant le régime syrien dans son offensive sur Alep. Le président français François Hollande a lui estimé qu'il existait un «risque de guerre» entre Ankara et Moscou du fait de l'implication turque en Syrie.

Moscou critique Assad

Alliée du régime syrien, la Russie a par ailleurs exprimé son mécontentement après des propos du président syrien Bachar el-Assad.

Ce dernier a affirmé vouloir reconquérir toute la Syrie. Ces déclarations «dissonent avec les efforts diplomatiques entrepris par Moscou» afin de mettre fin aux hostilités et d'y instaurer un cessez-le-feu, a estimé l'ambassadeur russe à l'ONU, Vitali Tchourkine, dans une interview au quotidien Kommersant.

Vitali Tchourkine a aussi déclaré qu'il était «trop tard» pour l'établissement d'une zone d'exclusion aérienne en Syrie. L'Allemagne et la Turquie plaident pourtant pour cette solution.

«Risque de guerre»

L'OTAN a averti la Turquie de ne pas provoquer la Russie, rapporte l'hebdomadaire allemand Spiegel. L'Alliance atlantique «ne se laissera pas entraîner dans une escalade militaire avec la Russie dans le sillage des tensions entra la Russie et la Turquie», a mis en garde le ministre luxembourgeois des Affaires Etrangères Jean Asselborn, qui parlait au nom de ses collègues de l'OTAN.

Le président français François Hollande a, quant à lui, estimé qu'il existait un risque de conflit. «La Turquie est impliquée en Syrie (...) Il y a un risque de guerre (avec la Russie) et c'est pourquoi le conseil de sécurité (de l'ONU) se réunit en ce moment», a-t-il affirmé sur la radio France Inter.

François Hollande a souligné que «la Russie ne s'en sortira pas en soutenant unilatéralement Bachar el-Assad». Il a appelé à exercer une «pression» sur Moscou pour des négociations sur la Syrie. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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