Rio 2016: Sanz Lanz: «J'aime avoir le contrôle sur tout»

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Rio 2016Sanz Lanz: «J'aime avoir le contrôle sur tout»

Le jeune véliplanchiste hispano-suisse entre en lice lundi dans les régates olympiques de Rio. Si les conditions lui conviennent, il peut tirer son épingle du jeu.

par
Oliver Dufour
Rio de Janeiro
Malgré son petit gabarit, Mateo Sanz Lanz ne manque pas de panache sur sa planche à voile.

Malgré son petit gabarit, Mateo Sanz Lanz ne manque pas de panache sur sa planche à voile.

photo: Kein Anbieter/Pedro Martinez/Sailing Energy

C'est à la suite d'une bisbille entre Mateo Sanz Lanz et la fédération de voile espagnole que le petit as de la planche à voile, 22 ans, porte aujourd'hui les couleurs de la Suisse. Natif et habitant de Formentera, la plus petite des quatre îles de l'archipel méditerranéen des Baléares, le jeune prodige avait logiquement entamé sa carrière sous pavillon hispanique. Soucieuse de réunir tous ses œufs dans le même panier, la Real Federación Española de Vela exigeait alors que Sanz Lanz déménage dans la région de Santander, sur les rives du Golfe de Gascogne, dans le nord du pays, où s'érigent ses quartiers généraux.

Une absurdité pour le jeune véliplanchiste et son entraîneur de toujours, Asier Fernandez, classé 6e dans la discipline aux Jeux de Barcelone, en 1992. «Sur Formentera, je mets quinze minutes à vélo pour arriver à la mer, explique Sanz Lanz. Je peux m'y entraîner trois fois par jour toute l'année et il ne fait jamais froid.» Face à une impasse avec sa fédération, le jeune homme entreprend alors des démarches pour concourir pour la Suisse, pays d'origine de sa maman Barbara, venue s'établir dans les Baléares par amour pour Rafael. Dès octobre 2013, le garçon originaire de Huttwil (BE) intègre le giron de Swiss Sailing.

«Dans le top 3 mondial»

Athlète déterminé, «MSL» se forge peu à peu un palmarès sur sa planche. Avec la croix suisse sur la voile, il a notamment obtenu un bon 7e rang aux derniers Mondiaux, cette année à Eilat, en Israël. L'an dernier, il avait décroché la 6e place dans la même compétition, à Mussanah, à Oman, ainsi qu'un prometteur 7e rang lors de l'ultime Test Event avant les JO, dans la baie de Rio de Janeiro. «Lorsque les airs sont faibles, jusqu'à 10 ou 12 nœuds (18 à 22 km/h), Mateo a sa place dans le top 3 mondial», estime Tom Reulein, entraîneur en chef de la fédération suisse. Lorsque le vent forcit, en revanche, la lutte devient plus difficile pour l'hispano-suisse de poche, qui accuse un gabarit de 1m71 pour 62kg seulement.

Moins facile, en effet, de maîtriser la très large planche monotype Neil Pryde RS:X, fortement toilée (9,5 m2) et donc physiquement très exigeante. Lorsque les vents le permettent, elle peut facilement filer jusqu'à 30 nœuds (55km/h). «C'est un énorme accomplissement pour moi d'être aux Jeux.

Mais si les conditions sont bonnes, j'aimerais vraiment gagner des courses, ambitionne celui qui était monté sur une planche pour la première fois à l'âge de 5 ans, parce qu'il trouvait que c'était bien plus rapide et moins ennuyeux qu'un voilier. A Rio, c'est un plan d'eau difficile, mais intéressant. Il y a des montagnes, beaucoup de courant… J'y suis déjà venu sept fois, donc je commence à connaître l'endroit.

«Etre mal préparé vous rend faible»

Pour se donner un maximum de chances de bien gérer la pression liée aux Jeux, Sanz Lanz travaille depuis quelque temps avec un psychologue du sport. «Je suis quelqu'un qui aime bien avoir tout sous contrôle, admet-il. J'essaie donc de faire en sorte que tout soit bien réglé. Ca vous rend faible si vous n'êtes pas préparé.» La semaine dernière, les véliplanchistes ont reçu leur matériel olympique de la part de l'organisation: une planche et une voile. Les athlètes emportent en revanche leurs propres mât, wishbone (bôme double) et aileron. «On n'a qu'une semaine pour tester ce matériel, donc on espère toujours avoir un peu de chance pour recevoir une bonne planche», sourit Sanz Lanz.

Pour l'anecdote, lors des sélections olympiques, «MSL» avait obtenu un meilleur rang que son ancien coéquipier espagnol, Ivan Pastor, qui disputera à 36 ans ses quatrièmes JO. Mais sans le changement de nationalité sportive de Mateo Sanz Lanz, Pastor aurait été contraint de suivre les compétitions brésiliennes devant son petit écran. Lundi dès 13h (18h en Suisse), le jeune véliplanchiste disputera ses premières régates au large de la Marina da Gloria, en portant les couleurs suisses avec grande fierté.

Twitter: @Oliver_Dufour

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