Sport aventure: Sarah Marquis a menti sur son parcours au Chili
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Sport aventureSarah Marquis a menti sur son parcours au Chili

La marcheuse jurasienne de l'extrême a triché lors de son expédition «La Voie des Andes», révèle une enquête de la TSR.

par
Grégoire Corthay
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Martin Rihs, un guide biennois, établi au Chili, a révélé que Sarah Marquis n'a pas suivi le parcours qu'elle prétend en 2006.

Martin Rihs, un guide biennois, établi au Chili, a révélé que Sarah Marquis n'a pas suivi le parcours qu'elle prétend en 2006.

Le projet de Sarah Marquis, c'était de suivre en marchant les traces des Incas (le tracé en rouge sur la carte).   Mais elle s'est déplacée en vélo depuis Tres Cruces jusqu'à La Negra, où elle a été embarquée en pick-up pour une montée motorisée de presque 200km vers le plateau du volcan Llullaico.

Le projet de Sarah Marquis, c'était de suivre en marchant les traces des Incas (le tracé en rouge sur la carte). Mais elle s'est déplacée en vélo depuis Tres Cruces jusqu'à La Negra, où elle a été embarquée en pick-up pour une montée motorisée de presque 200km vers le plateau du volcan Llullaico.

Martin Rihs (ici avec Sarah Marquis) avait été engagé pour déposer de l'eau dans le désert que devait traverser à pied.

Martin Rihs (ici avec Sarah Marquis) avait été engagé pour déposer de l'eau dans le désert que devait traverser à pied.

Sarah Marquis se targue d'avoir réalisé en 2006 «le projet fou de marcher sur le dos de la cordillère des Andes depuis Santiago de Chile jusqu'au Machu Picchu. Au total 7000 km durant 8 mois de marche».

«Elle a survécu pendant 2 mois à -25°, aux maux d'altitude, aux nombreux passages de frontière, et à la faim. Elle s'est alimentée grâce au travail minutieux de son frère Joël qui consistait à déposer au préalable dans des caches creusées dans le sol sa nourriture et son eau à des points GPS précis espacés de 2 semaines environ» , souligne son site internet.

Un bout en auto-stop!

Dimanche soir, l'émission de la TSR «Mise au point» a révélé que Sarah Marquis (38 ans) n'avait pas effectué l'ensemble de son parcours uniquement en marchant. Elle a utilisé un vélo sur plus de 500km et a été transportée sur près de 200km en voiture. Deux éléments qu'elle avait omis de mentionner jusqu'à présent, notamment dans le livre relatant son «exploit pédestre».

«J'ai transporté Sarah et son vélo sur mon pickup de La Negra (une ville chilienne sur la côte pacifique) au pied du volcan Llullaico, à 4000 m d'altitude sur l'Altiplano. C'était un parcours qui aurait été particulièrement éprouvant à pied», a confié Martin Rihs, un guide biennois, à un journaliste de «Mise au point».

«Elle m'a demandé de garder le silence»

«Elle et son frère, qui s'occupait de gérer la logistique, m'ont demandé instamment de garder le silence, de ne pas parler de l'utilisation du vélo ni du parcours en voiture, parce que c'était important de faire le trajet 100% à pied», précise le Suisse établi depuis 20 ans à San Pedro de Atacama et qui avait été engagé pour déposer de l'eau dans le désert.

Martin Rihs raconte qu'il ne veut plus cautionner les mensonges de Sarah Marquis qui ne serait pas l'aventurière exemplaire qu'elle prétend. Marié à une Chilienne et père de 3 enfants en bas âge, il souligne avoir été choqué de voir dans un DVD que des enfants d'une classe vaudoise étaient en admiration devant Sarah Marquis et qui lui avaient même consacré une chanson. Le guide explique encore avoir fait cette révélation aujourd'hui seulement simplement parce que personne ne lui avait encore posé de questions sur le parcours de Sarah Marquis.

Sarah Marquis reconnaît ce coup de pouce

«Le but n'était pas de faire un sujet polémique sur Sarah Marquis. On a appris qu'elle avait dû interrompre sa dernière aventure en Asie à cause d'une rage de dent. On voulait en savoir davantage et faire son portrait. Je me suis alors penché sur son parcours et ses précédentes expéditions. J'ai contacté énormément de monde. C'est ainsi que je suis tombé sur Martin Rihs qui m'a raconté cette histoire», explique le journaliste de la TSR Peter Berni qui a mené une enquête fouillée durant plusieurs semaines.

En collaboration avec Georges Baumgartner, il a fait réagir Sarah Marquis, en duplex entre Genève et Tokyo. Après avoir fait l'étonnée, la Jurasienne a expliqué avoir agi ainsi parce qu'elle avait été «arrêtée par la police» et qu'elle n'avait pas pu faire le chemin voulu. Elle a aussi expliqué que, pour elle, ce détour véhiculé n'était qu'un détail, puisqu'elle avait rejoint le tracé initial.

«Sarah est tombée dans un guet-apens de la TSR»

«La TSR a voulu monter une polémique et Sarah est tombée dans un guet-apens», dénonce Grégory Barbezat, chef de l’expédition ExplorAsia 2010-2012. «Elle a été contactée à Tokyo pour parler de son expédition actuelle. C'était un prétexte pour l'interroger sur celle de 2006! Nous avons déjà demandé un droit de réponse au sujet du dimanche 24 octobre. Celui-ci devrait être diffusé par «Mise au point» dimanche 31 octobre en duplex de Tokyo. Nous allons aussi mettre un communiqué sur notre site dès lundi 25 octobre» précise-t-il.

«Le fait que Sarah ait pris une voiture, c'est certainement parce qu’elle n’avait pas le choix. Sarah n'a rien a caché sur cette expédition. Si elle n’en a pas fait référence dans son livre, c’est juste une erreur de communication», précise-t-il.

Par ailleurs, son manager estime que le sujet de «Mise au point» sur Sarah Marquis n’aura pas d’impact négatif sur son image et son attrait auprès des sponsors et du public. «Au contraire, cela va nous permettre de rebondir dessus et ce sera bon pour sa notoriété! Tous nos sponsors que j'ai prévenus de la diffusion d'un sujet polémique sur Sarah Marquis font bloc derrière elle», souligne Grégory Barbezat.

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