Actualisé

Sarkozy annonce le versement de la prime de Noël

«La prime de Noël, on la donnera», a annoncé mercredi après-midi le président Nicolas Sarkozy, qui s'exprimait devant le Conseil économique et social à l'occasion de la Journée mondiale de refus de la misère.

Versée depuis 1998 sous Jacques Chirac, elle «sera à nouveau versée cette année», a-t-il dit.

Cette prime de Noël est versée aux titulaires du revenu minimum d'insertion (RMI), de l'allocation spécifique de solidarité (ASS), de l'allocation pour la création ou la reprise d'entreprise (ACCRE), de l'allocation d'insertion (AI), de la rémunération des stagiaires de la formation professionnelle (RSP) et de l'allocation équivalent retraite (AER), soit environ un million et demi de personnes.

Plus de sept millions de Français vivent actuellement sous le seuil de pauvreté, soit 817 euros par mois. Le gouvernement s'est fixé pour objectif de réduire d'un tiers ce nombre d'ici cinq ans, soit 5 millions de pauvres en 2012. Cela devrait passer par une refonte des minima sociaux, la création d'un contrat unique d'insertion et l'élaboration de nouveaux indicateurs de pauvreté.

Un «Grenelle de l'insertion» est prévu les 23 et 24 novembre à Grenoble.

«J'ai voulu fixer un objectif», pour être «dos au mur», a expliqué Nicolas Sarkozy. «Je ne veux pas gérer la pauvreté», mais la «combattre».

Et «à ceux qui me reprochent d'avoir baissé les impôts, je voudrais dire que le véritable enjeu, c'est de mettre fin aux erreurs sur lesquelles se fondent nos politiques depuis plus de 25 ans». Car «cela fait 20 ans que gauche et droite confondues cherchent à agir sur les conséquences alors que je veux qu'on s'attaque aux causes». Il a ainsi exclu toute augmentation des dépenses publiques et des impôts.

Evoquant la «question des salaires», il a noté que «de nombreux Français en ont assez, et je les comprends». «Quand on explique à tous les salariés d'une entreprise qu'il n'y a pas de quoi augmenter les salaires en bas», il ne faut pas «qu'on ait dans la même entreprise au même moment de quoi augmenter les rémunérations en haut», a-t-il lancé, sans donner d'exemple.

Nicolas Sarkozy a «souhait(é) que la question du pouvoir d'achat devienne une priorité nationale» et qu'elle trouve «toute sa place dans les négociations entre les partenaires sociaux».

Evoquant l'accueil des SDF, il a exigé qu'il soit «inconditionnel». «Quand quelqu'un est à la rue (...), on ne va pas lui demander ses papiers», a-t-il déclaré dans une allusion à l'article controversé de la loi Hortefeux interdisant aux sans-papiers une place en hébergement d'urgence. Cet article a finalement été retiré. «Dans les centres d'urgence, on doit accueillir tout le monde» et «toute autre politique est absurde et n'aura donc pas mon soutien».

Le chef de l'Etat a évoqué mercredi la «solitude» de la pauvreté, une «solitude poisseuse, celle qui oppresse, celle qui naît de la privation de l'écoute (...), du regard de l'autre, celle qui fait oublier le sentiment d'aimer et d'être aimé, cette impression d'être utile».

«Je ne regrette pas qu'on fixe un objectif», mais «quand il ajoute qu'on est bien obligé de commencer par un tiers et qu'on fera les deux autres tiers après, ça, ça ne marche pas», a réagi Pierre Saglio, président d'ATD-Quart monde.

Christophe Deltombe, président d'Emmaüs France, a quant à lui regretté qu'aucun moyen supplémentaire n'ait été annoncé. Le gouvernement «a annoncé que pour 2008 il y aurait une réduction des crédits affectés aux contrats aidés assez substantielle, qui aboutirait à priver environ 80.000 personnes» de ces contrats, a-t-il rappelé. «Pour l'instant, on n'a pas remis en cause cette annonce-là». (ap)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!