Sarkozy et «Lula» jettent un pont sur leurs relations
Actualisé

Sarkozy et «Lula» jettent un pont sur leurs relations

La troisième rencontre entre Nicolas Sarkozy et son homologue brésilien «Lula» s'est surtout soldée mardi par la décision symbolique de lancer enfin en 2008 la construction d'un pont sur le fleuve qui sépare les deux pays.

Pour le reste, la déclaration conjointe signée par Paris et Brasilia, jugée «historique», ne comporte guère de grande nouveauté.

C'est Luiz Inacio «Lula» de Silva, vêtu d'une simple guayabera, qui a fait la traversée de l'Oyapock, fleuve frontière entre la France et le Brésil, depuis la commune brésilienne d'Oiapoque, à bord d'une navette militaire. Au dernier jour de sa visite en Guyane, M. Sarkozy, costume cravate malgré la chaleur, a accueilli son homologue sur le ponton de Saint-Georges de l'Oyapock, côté français. Après un tête-à-tête éclair de trente minutes, tous deux se sont prêtés au jeu d'une conférence de presse sous un dais au bord de l'eau, face à la presse cantonnée sous un abri de tôle.

Le président français a certes annoncé des «décisions importantes» et un accord «historique», mais la déclaration conjointe signée à cette occasion ne comporte pas de grande nouveauté, en dehors du lancement dès 2008 et «sans délai» de la construction d'un pont transfrontalier sur l'Oyapock, pour développer les échanges économiques. Un projet lancé en 1997 et maintes fois différé. Objectif: ouvrir le pont à la circulation fin 2010, avec inauguration par Nicolas Sarkozy. Montant de la facture: «38 millions d'euros» selon «Lula», dont 23,5 millions pour la France.

Pour éviter que ce pont ne facilite les trafics entre la Guyane française et le Brésil, le texte prévoit la création d'un centre de coopération policière transfontalière. «Comment voulez-vous que nous luttions efficacement en Guyane contre les trafiquants et les trafics si nous ne travaillons pas main dans la main avec les Brésiliens?», a fait valoir Nicolas Sarkozy, devant une maquette du futur pont de 350 mètres.

Plus grand département de France, avec 700km de frontières avec le Brésil, la Guyane lutte contre les pilleurs d'or venus pour beaucoup du Brésil -les «garimpeiros»- et contre les immigrés clandestins qui franchissent le fleuve (on y a recensé 10.000 reconduites à la frontière en 2007). «Nous serons d'une fermeté totale contre les trafics», a averti Nicolas Sarkozy.

Au volet défense, le président français s'est dit «prêt» à des «transferts de technologie» et à ce que des avions de combat et des hélicoptères -dont le Rafale-, ainsi qu'un sous-marin Scorpene soient construits au Brésil. Quant au nucléaire civil, la déclaration conjointe se borne à constater «les fortes potentialités de coopération» entre les deux nations, sans plus de détails.

Au chapitre diplomatique, les deux hommes ont brièvement évoqué le cas de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, détenue par les FARC depuis février 2002. «Lula» s'est ainsi dit «disposé à participer à tout effort pour que, dans un acte humanitaire, nous puissions libérer tous les otages». A une nuance près, toutefois: «Il faut le faire avec l'accord du gouvernement colombien».

Bref, sur l'ensemble des dossiers, «le Brésil et la France sont d'accord», a résumé Nicolas Sarkozy, qui se rendra au Brésil en décembre. Faux, l'a repris «Lula»: «Nous avons seulement une unique divergence de fond, qui n'est pas facile à résoudre: la suprématie de la France en football dans la Coupe du monde de 1998 et 2006...» (ap)

Ton opinion