Affaire Bettencourt: Sarkozy menace le juge: «Non, ce n'est pas terminé»

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Affaire BettencourtSarkozy menace le juge: «Non, ce n'est pas terminé»

L'ancien président français (2007-2012) n'a visiblement pas apprécié sa mise en examen pour abus de faiblesse sur Liliane Bettencourt et l'a fait savoir au juge en charge du dossier.

Nicolas Sarkozy, mis en examen jeudi pour «abus de faiblesse» dans le cadre de l'affaire Bettencourt, a assuré lors de son audition ne pas avoir l'intention «d'en rester là», selon des informations rapportées samedi par la presse. Sa mise en examen a été extrêmement tendue.

L'ancien chef de l'Etat a été entendu pendant près de neuf heures au Palais de justice de Bordeaux par le juge d'instruction Jean-Michel Gentil. Celui-ci cherchait à déterminer le nombre de visites effectuées au domicile des Bettencourt en 2007.

Nicolas Sarkozy a été confronté à cette occasion à quatre témoins, dont l'ancien majordome de la milliardaire Liliane Bettencourt, héritière de L'Oréal. L'ancien président préparerait sa riposte, selon ses proches cités par la presse.

D'après «Le Parisien» et «Le Monde», la notification par le juge de la mise en examen de l'ex-chef de l'Etat a donné lieu à une scène extrêmement tendue jeudi soir entre les deux hommes.

Regard noir

«Stupéfait, l'ancien président lui jette un regard noir, laisse planer quelques secondes d'un épais silence et assène: 'C'est une injustice'», selon le récit du Parisien-Aujourd'hui en France daté de samedi. «'Vous n'avez pas à dire ça', lui répond le juge.»

«Voilà, c'est terminé», poursuit un peu plus tard le magistrat. «Je ne crois pas, non. Ce n'est pas terminé», lance Nicolas Sarkozy, toujours selon «Le Parisien». D'après «Le Monde», l'ancien chef de l'Etat aurait ajouté:» Ne vous inquiétez pas, je n'en resterai pas là».

Le juge Gentil aurait demandé à sa greffière de noter l'incident et de l'inscrire sur le procès-verbal d'audition, provoquant la colère de l'avocat de Nicolas Sarkozy, Me Thierry Herzog. «Pour ne pas envenimer davantage la situation, M. Gentil y renonce finalement», indique le quotidien. L'entourage de Nicolas Sarkozy n'était pas joignable pour commenter ces informations.

Plainte contre Henri Guaino

S'exprimant devant les délégués de son parti, Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, a fait savoir samedi qu'il avait eu Nicolas Sarkozy au téléphone. M. Copé a trouvé Nicolas Sarkozy «extrêmement combatif, engagé pour que la vérité éclate au grand jour dans cette affaire».

L'UMP a fait bloc autour de Nicolas Sarkozy, dénonçant un acharnement de la justice à l'égard de l'ancien chef de l'Etat. Son ancien conseiller spécial, Henri Guaino, a ainsi reproché au juge Gentil de «déshonorer la justice» par ses «accusations grotesques». Le juge va porter plainte contre l'ancien conseiller, a indiqué samedi l'avocat de M. Gentil.

Les détracteurs du juge Gentil ont reçu samedi le soutien indirect de l'avocat et ancien ministre délégué à la Justice Georges Kiejman. Il a dénoncé, dans une tribune publiée par «Le Figaro», un coup porté à la justice. (ats/afp)

L'affaire Bettencourt

L'affaire a été déclenchée en juillet 2010 par l'ex-comptable des Bettencourt, qui avait alors déclaré à la police s'être vu réclamer 150 000 euros en liquide par leur ancien homme de confiance, Patrice de Maistre, début 2007. Celui-ci lui avait assuré, selon la comptable, vouloir les donner à l'ancien ministre Eric Woerth, alors trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Des membres de l'entourage de la milliardaire ont déclaré avoir vu Nicolas Sarkozy plusieurs fois pendant cette période. Les juges cherchent à établir si M. Sarkozy a commis un abus de faiblesse aux dépens de Mme Bettencourt, alors âgée de 84 ans, en lui demandant de l'argent pour financer sa campagne.

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