Affaire Karachi: Sarkozy «n'a rien à voir» avec cette affaire
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Affaire KarachiSarkozy «n'a rien à voir» avec cette affaire

Le ministre français de l'Intérieur a accusé mercredi le Parti socialiste d'exploiter le dossier Karachi pour «salir» Nicolas Sarkozy.

Claude Guéant monte au créneau pour défendre Sarkozy.

Claude Guéant monte au créneau pour défendre Sarkozy.

«C'est pire qu'une fable, c'est un montage pour salir la réputation d'un homme», a déclaré M. Guéant, interrogé sur Europe 1 sur la publication lundi par «Libération» de procès-verbaux qui ont relancé les questions sur le rôle de M. Sarkozy, ministre du Budget à l'époque. A propos de l'exploitation de cette affaire, il a répondu: «Il suffit d'entendre le Parti socialiste qui accuse.» Sur le rôle prêté à M. Sarkozy dans ce dossier, M. Guéant a estimé qu'«on essaie de le mettre en cause dans des montages financiers qui auraient abouti à des paiements de commissions», et dénoncé «un procédé tout à fait scandaleux».

«On part d'une hypothèse sans preuve émise lors d'une audition de justice. On en fait ensuite une affirmation et quelques jours après, à force d'être répété, ça devient une certitude», a-t-il dénoncé. Le ministre a rappelé que «Nicolas Sarkozy, en tant que ministre du Budget, a donné un avis défavorable au contrat de vente d'armes au Pakistan «parce qu'il considérait que le Pakistan était un pays insolvable».

«Que la justice puisse travailler sereinement»

«On lui reproche d'avoir donné une autorisation pour un montage de commission», via la création de la société offshore Heine. «Je rappelle que ce type d'autorisation a été supprimé en 1992 par le gouvernement socialiste et Nicolas Sarkozy n'est devenu ministre du Budget qu'en 1993», a affirmé M. Guéant. «Ensuite en ce qui concerne la déduction fiscale, car à l'époque la commission était légale et pouvait donner lieu à une déduction fiscale, elle a été décidée des mois et des mois après qu'il eut quitté le Ministère du budget, donc il n'a rien à voir du tout avec cette affaire.»

A la question de savoir si le président de la République allait favoriser la vérité dans ce dossier, M. Guéant a répondu: «Bien entendu.» «Il a toujours fait en sorte que la justice puisse travailler sereinement», a-t-il dit.

Un compte au Luxembourg

Le 2 décembre, devant le juge Renaud Van Ruymbeke, Gérard-Philippe Menayas, ancien haut fonctionnaire du Ministère de la défense, a répété que le Ministère du budget avait «nécessairement donné son accord» à la création en 1994 au Luxembourg d'une société offshore, Heine, selon un PV publié par «Libération».

C'est par elle que transitaient les commissions sur des contrats d'armement, légales jusqu'en 2000, et versées à des intermédiaires, dont ceux du contrat Agosta de vente de sous-marins au Pakistan en septembre 1994. Les juges d'instruction soupçonnent que ces commissions ont pu conduire à un financement illégal de la campagne d'Edouard Balladur. (afp)

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