Centrale nucléaire: Sarkozy: «On ne fermera pas Fessenheim»
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Centrale nucléaireSarkozy: «On ne fermera pas Fessenheim»

Le président Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi qu'il ne fermerait pas la centrale nucléaire de Fessenheim. Ce serait une «erreur magistrale», a-t-il affirmé.

La centrale de Fessenheim est en service depuis 1978.

La centrale de Fessenheim est en service depuis 1978.

Le président français Nicolas Sarkozy a confirmé jeudi la poursuite de l'exploitation de la centrale nucléaire de Fessenheim. Il s'oppose ainsi au candidat socialiste à la présidentielle François Hollande qui voudrait fermer le plus ancien site nucléaire du pays.

Lors de sa visite de la centrale de Fessenheim, en Alsace, le chef de l'Etat français a déclaré aux ouvriers qui se pressaient sur son chemin qu'elle serait maintenue en activité. «On ne la fermera pas cette centrale, il n'en est pas question», a-t-il dit. Une telle décision serait «une erreur magistrale».

«On a besoin de la centrale pour le chauffage et l'industrie, c'est 70% de l'électricité nécessaire en Alsace.

Le candidat socialiste François Hollande, qui s'est engagé à réduire de 75% à 50% d'ici 2025 la part de l'énergie nucléaire dans la production d'électricité française, a annoncé son intention, s'il est élu, de fermer la centrale de Fessenheim pendant son mandat.

«Aucun doute» sur la sécurité

«Je n'accepterai jamais la fermeture de la centrale de Fessenheim pour des raisons politiciennes», a affirmé M. Sarkozy sous un tonnerre d'applaudissements. «S'il y avait eu le moindre doute sur la sûreté de la centrale, si les autorités indépendantes avaient pointé la moindre faiblesse sur la centrale, je n'aurais pas hésité une seconde», a-t-il ajouté.

«L'Autorité de sûreté nucléaire affirme que les centrales de notre parc présentent un niveau de sûreté permettant de continuer à les exploiter. Toutes, y compris Fessenheim», a rappelé M. Sarkozy. Mis en service en 1977 pour une durée de fonctionnement prévue à quarante ans, le site alsacien est critiqué par les antinucléaires européens ainsi que par les cantons suisses voisins de la centrale.

En Suisse, les autorités de Bâle-Ville se sont dites convaincues en juillet dernier que la centrale devait être débranchée. Les gouvernements de Bâle-Campagne et du Jura sont également inquiets et pointent du doigt le risque sismique dans la région.

Rencontre avec des anti-nucléaires

Quelques instants avant que le président de la République n'affirme sa volonté de maintenir Fessenheim, un conseiller de Nicolas Sarkozy a rencontré une délégation représentant six associations anti-nucléaires. Les militants anti-nucléaires ayant été empêchés de s'approcher de la centrale, la discussion a eu lieu dans un village à 7 km de Fessenheim.

«Chacun s'est écouté, et je rendrai compte de cette entrevue au président qui ne pouvait pas recevoir lui-même les militants, pour des raisons d'agenda», a déclaré aux journalistes Boris Ravignon, conseiller du chef de l'Etat pour le développement durable.

Un porte-parole des opposants au nucléaire a souligné de son côté que cette rencontre «devait avoir lieu» car «quand on vient rencontrer les 700 employés de la centrale, on ne peut pas ignorer les centaines de milliers de personnes qui s'inquiètent de Fessenheim».

(ats)

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